Christine Phung, la créatrice aux imprimés numériques, nouvelle directrice artistique de la maison Léonard

Par @CocoJeammet Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/04/2016 à 11H35
La créatrice Christine Phung lors du final d'un de son défilé prêt-à-porter printemps-été 2015

La créatrice Christine Phung lors du final d'un de son défilé prêt-à-porter printemps-été 2015

© Christine Phung

Sans directrice artistique depuis fin 2015, la maison Leonard Paris a nommé Christine Phung nouvelle directrice artistique. Dès mai, la styliste, adepte des collections délicates et architecturées, insufflera un nouvel élan à cette maison française spécialiste des imprimés, créée en 1958 par Daniel Tribouillard.

Après la valse des créateurs, la maison Léonard aurait-elle, enfin, trouvée la perle rare en la personne de Christine Phung ? Pour cette griffe réputée pour ses imprimés faits à la main, la créatrice prend la relève de Yiqing Yin, Raffaele Borriello et Maxime Simoëns, qui avaient fait un passage éclair et succédaient à Véronique Leroy
Christine Phung pap pe 2016

Christine Phung pap pe 2016

© Christine Phung
Christine Phung poursuit parallèlement sa marque éponyme lancée en 2011 et expose à la Galerie Joyce du 19 au 30 avril 2016. En écho à l'exposition "All Over" à la Galerie des Galeries, la créatrice investit la Zone Lauréats au 1er étage des Galeries Lafayette Haussmann à Paris jusqu'au 8 avril. Elle y présente sa collection printemps-été 2016 dont l'imprimé a été créé en collaboration avec l'artiste Philippe Decrauzat. Pour cette 8e collection, elle explore une esthétique graphique avec des rayures dégradées, des effets moirés pour des pièces effortless, féminines et modernes.
Christine Phung prêt-à-porter automne-hiver 15-16, à Paris

Christine Phung prêt-à-porter automne-hiver 15-16, à Paris

© Christine Phung
La créatrice a grandi en France, d’un père cambodgien et d’une mère française. De sa double culture, elle garde un attachement fort aux imprimés et aux matières. Résultat : des collections délicates et architecturées entre lignes structurées et flou. Ses vêtements aux couleurs fortes et aux imprimés pop mixent techniques artisanales (plissés, patchwork...) et graphisme contemporain. Ses créations mobilisent savoir-faire rares et matières nobles (soie, cachemire...).

Formée au stylisme de mode de l’École Duperré et à l’Institut Français de la Mode, elle est passée chez Christophe Lemaire, See by Chloé, Vanessa Bruno et Baby Dior. Dans un esprit sportswear, elle a travaillé également pour Lacoste, Rossignol et la marque de baskets éthiques Veja.

En 2008, elle expose ses créations au Musée d’Art Moderne de Liège pour la Biennale du Design. Elle crée sa marque puis remporte le Grand Prix de la Création de la ville de Paris en 2011 dans la catégorie "Mode confirmé". En 2012, elle termine sa première collection ; elle est finaliste du concours international Mango Fashion Awards. En 2013, elle remporte l’ANDAM dans la catégorie "Premières Collections". Fin 2015, elle raffle le 1er prix du concours Aubusson aime la mode avec la Cité internationale de la tapisserie. Ce dernier célèbre, chaque année, un talent de la mode et du design pour sa création et réinterprétation de la tapisserie.
Pour Aubusson 2015, le projet de Christine Phung est de faire tisser une tapisserie « glitchée », floue, donnant une sensation de mouvement puis d'en utiliser le résultat pour assembler les éléments d'une veste Teddy,  sportswear, ainsi qu'une pochette souple. Le motif a été réalisé en collaboration avec l'artiste japonais Yoshihide Sodeoka.  Le teddy et la pochette seront disponibles au printemps-été 2017.
 

Pour Aubusson 2015, le projet de Christine Phung est de faire tisser une tapisserie « glitchée », floue, donnant une sensation de mouvement puis d'en utiliser le résultat pour assembler les éléments d'une veste Teddy,  sportswear, ainsi qu'une pochette souple. Le motif a été réalisé en collaboration avec l'artiste japonais Yoshihide Sodeoka.  Le teddy et la pochette seront disponibles au printemps-été 2017.  

© Christine Phung
En sept collections, Christine Phung a élaboré un vestiaire entre élégance stricte et sportswear de luxe. A la fois architecturé, fluide et coloré, c’est le vestiaire d’une "suractive" compilant tenue et souplesse. Une femme contemporaine qui porte la couleur avec grâce. Ses vêtements sont des compositions graphiques avec des imprimés forts, renouvelés à chaque collection : tâches géométriques, pois digitaux ou motifs sauvages, ils sont directement inspirés des arts numériques.

Léonard, la maison des imprimés floraux faits à la main

En 1958, Daniel Tribouillard débute en tant que DG et Directeur Artistique de la société Léonard Fashion. Deux ans plus tard, il invente un procédé pour l'impression des pull-overs "Fully-Fashioned". Le lancement est réalisé avec Dior, Lanvin et Hermès pour qui Daniel Tribouillard crée des dessins exclusifs. En 1968, il crée sa première collection de vêtements en jersey de soie. L’année suivante, il ouvre la Société Léonard Parfums et lance "Fashion de Léonard". En 1970 s'ouvre la première boutique à Paris. En 1975, ce sont les premières collections de produits sous licence : cravates et carrés de soie. En 1976, il invente le silkover fully fashion, fabriqué avec des carrés de soie.
Exposition "Léonard Paris, L'Empire des Couleurs" au musée de l'Impression sur Etoffes de Mulhouse

Exposition "Léonard Paris, L'Empire des Couleurs" au musée de l'Impression sur Etoffes de Mulhouse

En 1983, le Japon lui demande de concevoir une ligne de kimonos. Pour la première fois en 2642 ans, depuis la naissance du kimono japonais, un Occidental a le droit de pénétrer le secret de la fabrication des kimonos traditionnels. En 1984, après plusieurs mois de travail à Kyoto et l'étude de la "symbolique florale japonaise," il présente sa première collection de kimonos au Japon. Cette année-là sera édité le 1er livre d'art représentant 20 ans de dessins, sous le titre "L'art de Léonard" par Daniel Tribouillard. D’autres livres suivront. Désormais maroquinerie, lunettes, montres et bijoux se multiplient.
Exposition "Léonard Paris, L'Empire des Couleurs" au musée de l'Impression sur Etoffes à Mulhouse.

Exposition "Léonard Paris, L'Empire des Couleurs" au musée de l'Impression sur Etoffes à Mulhouse.

© Musée de l'Impression sur Etoffes
Daniel Tribouillard devient le PDG du groupe Léonard. En 1991, il invente la cravate réversible. En 1992, c'est la sortie de la première collection pour Homme. En 1993, la maison Léonard est la 1re maison de couture occidentale à défiler à Shanghai. En 1994, la marque entre à la Fédération française de la couture, du pap des couturiers et des créateurs de mode et défile au Carrousel du Louvre. En 1995, création d’une ligne de vêtements pour les spectacles de Johnny Hallyday. Deux ans plus tard, le couturier est l’invité d’honneur du gouvernement Chinois à l’occasion du Festival de la mode à Shanghai. En 1998, il est invité à Moscou pour présenter sa collection sur le pont qui enjambe la MoskovaCette année-là, c'est la sortie de la première collection Jeans.
La maison Léonard s'expose au Séoul Museum en septembre 2013.

La maison Léonard s'expose au Séoul Museum en septembre 2013.

© Léonard
Pendant la décennie 2000, de nouveaux parfums voient le jour. En 2005, l'exposition « Impressions de mode » au Musée des Tissus de Lyon retraçe 50 ans de création (les premiers dessins d’impression Léonard ont été réalisés à Lyon en 1958). La maison a également reçu le label “Entreprise du Patrimoine Vivant”…