Chemises et uniformes sortent des armoires, à Argenton-sur-Creuse

Par @CocoJeammet Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/02/2014 à 10H07
En 1906, Maurice Schwob fait construire une grande blanchisserie dans l'Oise.

En 1906, Maurice Schwob fait construire une grande blanchisserie dans l'Oise.

© Collection Musée de la Chemiserie

" La guerre à travers ses uniformes " -qui retrace l’histoire du costume militaire du XVIIIe siècle à la Seconde Guerre mondiale- est l’objet d’une exposition au musée de la Chemiserie et de l’Elégance masculine d'Argenton-sur-Creuse. Ce haut lieu de la confection fête également le 100e anniversaire de la mort de "Maurice Schwob, fondateur des 100.000 Chemises".

Costumes et accessoires militaires du XVIIIe siècle à la Seconde Guerre mondiale
Chemise militaire (1912)

Chemise militaire (1912)

© François Lauginie
Né sous le règne de Louis XIV, l’uniforme militaire français s’harmonise tant au niveau des couleurs que dans sa forme. Les innovations techniques dans l’armement influencent la tenue du soldat qui s’adapte à son environnement.
Adopté en 1829, le pantalon rouge garance devient l’emblème du fantassin français jusqu’en 1916. 

Adopté en 1829, le pantalon rouge garance devient l’emblème du fantassin français jusqu’en 1916. 

© Coll. Musée de la Chemiserie.
Adopté en 1829, le pantalon rouge garance devient l’emblème du fantassin français jusqu’en 1916. Devenu trop voyant pour des armes de plus en plus sophistiquées, le soldat porte désormais le bleu horizon, devenant ainsi le symbole du poilu.
Adopté en 1829, le pantalon rouge garance devient l’emblème du fantassin français jusqu’en 1916. Devenu trop voyant pour des armes de plus en plus sophistiquées, le soldat porte désormais le bleu horizon, devenant ainsi le symbole du poilu. 

Adopté en 1829, le pantalon rouge garance devient l’emblème du fantassin français jusqu’en 1916. Devenu trop voyant pour des armes de plus en plus sophistiquées, le soldat porte désormais le bleu horizon, devenant ainsi le symbole du poilu. 

© François Lauginie
C’est dans l’entre-deux-guerres que la couleur kaki va s’imposer dans l’uniforme militaire.
C’est dans l’entre-deux-guerres que la couleur kaki va s’imposer dans l’uniforme militaire.

C’est dans l’entre-deux-guerres que la couleur kaki va s’imposer dans l’uniforme militaire.

© Coll. Musée de la Chemiserie.
Cette exposition présente également des accessoires militaires tels des nécessaires de toilette mais aussi des bijoux (plaques, épingles…).
Masque à gaz - 1933

Masque à gaz - 1933

© François Lauginie
Maurice Schwob, l’homme aux 100.000 chemises
 
Né en 1838 en Alsace, Moïse Schwob s'installe à Paris en 1869. Lors de la guerre de 1870, il opte pour la nationalité française et se lance dans le commerce de calicots, puis l'exploitation du commerce de chemises en gros. En 1873, il dépose un brevet pour un tableau indicateur pour prendre soi-même les mesures de chemises, de caleçons... sous l'enseigne « Maison du Progrès ».
Maurice Schwob et son épouse Anna

Maurice Schwob et son épouse Anna

© DR
En 1880, il crée la « Maison des 100.000 Chemises ». Moïse qui prend alors le prénom de Maurice en 1883 ouvre des succursales et un atelier à Paris en 1890 puis l'année suivante, une usine à Châteauroux. En 1906, il fait construire une grande blanchisserie dans l'Oise.
La sortie des ouvrières de la manufacture des 100.000 chemises

La sortie des ouvrières de la manufacture des 100.000 chemises

© Collection Musée de la Chemiserie
Il crée le prêt-à-porter moderne, le « remboursé ou satisfait »..., le choix stratégique de ses succursales et son action sociale envers ses ouvrières - une Société de secours mutuels leur permettant l'accès aux soins- lui valent plusieurs récompenses.
En 1880, Maurice Schwob crée la « Maison des 100.000 Chemises ». A Paris, la boutique "100.000 chemises" était située au 128, rue de Rivoli. 

En 1880, Maurice Schwob crée la « Maison des 100.000 Chemises ». A Paris, la boutique "100.000 chemises" était située au 128, rue de Rivoli. 

© Collection Musée de la Chemiserie
Cette exposition à caractère historique retrace, grâce à des documents d'archives, des photographies, des vêtements et objets publicitaires, la naissance et le développement d'une entreprise qui a marqué le département. Maurice Schwob, de par l'implantation de son usine rue des Fonds à Châteauroux, est devenu l'un des plus importants fabricants de chemises de l'Indre au XIXe siècle.
En 1891; Maurice Schwob crée l'usine de Châteauroux.

En 1891; Maurice Schwob crée l'usine de Châteauroux.

© Collection Musée de la Chemiserie
Il a aussi marqué de son empreinte tout un quartier, celui de Saint-Denis, construisant autour de son usine, des commerces, des maisons ouvrières toujours visibles aujourd'hui.
 
Le musée, vecteur identitaire du patrimoine industriel local
 
En 1993, le musée de la Chemiserie et de l’Elégance masculine ouvre ses portes. Il présente l’histoire de la chemise, du Moyen-Age à nos jours, entourée d’accessoires et de vêtements tels que cravates, gilets, bijoux… qui la mettent en valeur et qui évoquent l’élégance masculine et sa fabrication avec un espace retraçant les différentes étapes (table de coupe, banc de machines…).
 
Il y a près de 150 ans, ouvrait, à Argenton-sur-Creuse, le premier atelier de confection mécanique de chemises, qui devint le haut-lieu de la chemiserie de luxe. On y fabriquait les chemises Christian Dior, Pierre Cardin…
 
Expositions « La guerre à travers ses uniformes », du 22 février au 7 décembre 2014 et "Maurice Schwob, fondateur des 100.000 Chemises" du 1er mars au 13 avril 2014. Musée de la Chemiserie et de l’Elégance masculine. Rue Charles Brillaud. 36200 Argenton-sur-Creuse.