Bécassine et les trésors de Loulotte, au musée de la Poupée

Par @CocoJeammet Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 02/02/2015 à 09H34
"Bécassine dévoile les trésors de Loulotte" : différents albums de Bécassine

"Bécassine dévoile les trésors de Loulotte" : différents albums de Bécassine

© Musée de la Poupée-Paris

A l’occasion des 110 ans de Bécassine, le musée de la Poupée dévoile "Les trésors de Loulotte", personnage des aventures de Bécassine inspiré par Claude, la fille unique de Maurice Languereau. Il fut l’éditeur du magazine "La Semaine de Suzette" tandis que son épouse Yvonne fut à la tête du rayon Bleuette. Plus d'un milliers d'objets à découvrir, dès le 3 février, au musée de la Poupée à Paris.

Poupées rares et anciennes, trousseaux, éditions originales des albums de Bécassine, exemplaires de La Semaine de Suzette, objets dérivés insolites, documents et photographies… plus d’un millier d’objets sont dévoilés, parmi lesquels la collection personnelle de Claude Canlorbe-Languereau, alias Loulotte.
 
Bécassine,  la nourrice de Loulotte

Bécassine est née en 1905, sous la forme d’une planche réalisée en dernière minute pour permettre le bouclage du premier numéro du magazine "La semaine de Suzette". Cette petite bonne bretonne, naïve, pleine de bonne volonté et d’énergie est née de la plume de Jacqueline Rivière, alors rédactrice en chef, et fut reprise dès 1913 par celle de l’éditeur Maurice Languereau connu sous le pseudonyme de Caumery.
Dans "Un livre, un jour", Olivier Barrot présente l'album de Caumery et Pinchon "Bécassine au studio" après avoir évoqué le personnage de Bécassine né en 1905 dans le journal "La semaine de Suzette". Images d'archive INA
Le dessinateur qui croqua cet attachant personnage est l'illustrateur Emile Joseph Porphyre Pinchon. Premier personnage féminin de bandes dessinées, Bécassine est toujours en phase avec son époque, elle sera tour-à-tour aviatrice, institutrice, alpiniste et, dès 1921, nourrice de la Loulotte. Elle fera l’objet, à partir de 1913, d’une série de 27 albums dessinés par Pinchon et écrits par Caumery.
"Bécassine dévoile les trésors de Loulotte" : différents albums de Bécassine.

"Bécassine dévoile les trésors de Loulotte" : différents albums de Bécassine.

© Musée de la Poupée-Paris
Les éditions Gautier-Languereau/Hachette-Livre continuent de rééditer les albums originaux et d’adapter les textes pour les enfants de tous âges. Bécassine sera déclinée sous la forme de poupées portant son costume, parmi lesquelles les modèles en tissu bourré par Reine Degrais mais également sous la forme d’objets à son image : manches de parapluie, lampes, jouets mécaniques, porte-clefs, papeterie, figurines… Elle a aussi inspiré le personnage d’un film, une chanson interprétée par Chantal Goya et un dessin animé diffusé au cinéma.
 
Loulotte inspirée par Claude, la fille de l'éditeur Languereau
 
En 1921, année de la naissance de sa fille Claude, Maurice Languereau inventa pour les albums de Bécassine le personnage de Loulotte. La petite Loulotte grandit en même temps que Claude au fil des albums, de "Bécassine nourrice" à "Bécassine au studio" entre 1921 et 1939.
"Bécassine dévoile les trésors de Loulotte" : Loulotte en Bécassine, vers 1926

"Bécassine dévoile les trésors de Loulotte" : Loulotte en Bécassine, vers 1926

© Musée de la Poupée-Paris
Les aventures de Bécassine se déroulent dans les lieux de vacances familiales des Languereau : le Pays Basque, la Normandie, les sports d’hiver au Mont d’Arbois, et à Paris durant l’année scolaire. Les photos familiales servent souvent d’inspiration à Pinchon pour dessiner les albums de Bécassine. C’est la collection personnelle de Loulotte, feu Claude Canlorbe-Languereau qui est présentée aux cotés du fonds du Musée de la Poupée-Paris.
 
"La semaine de Suzette", le complément récréatif d'une éducation religieuse
 
L’éditeur donna le ton avant son lancement : "La Semaine de Suzette sera le complément récréatif d’une éducation religieuse et intelligente". L’objectif de la revue était de divertir, amuser, instruire au travers de romans-feuilletons, contes, histoires illustrées, jeux, concours, pièces de théâtre, poésies, jeux d’intérieur et d’extérieur, ouvrages de couture, recettes de cuisine… tout en inculquant civisme, morale chrétienne et charité. Cette revue publiait également des patrons dans la rubrique "Nous habillons Bleuette", poupée chérie de plusieurs générations de petites filles. 
"Bécassine dévoile les trésors de Loulotte": couv de "La semaine de Suzette"

"Bécassine dévoile les trésors de Loulotte": couv de "La semaine de Suzette"

© Musée de la Poupée-Paris
Le journal paraissait chaque jeudi et, durant 55 ans, de 1905 à 1960, sauf une interruption de 6 ans au moment de la deuxième guerre mondiale. La lectrice type était appelée "Suzette", elle avait de 8 à 16 ans avec une majorité de 10-14 ans et fréquentait des cours privés. Elle était francophone, habitait parfois les colonies, ou si elle habitait l’étranger elle souhaitait perfectionner son Français. Elle était plutôt de milieu bourgeois catholique et généralement fille de médecin, ingénieur, avocat ou diplomate.

Exposition "Bécassine dévoile les trésors de Loulotte" du 3 février au 26 septembre 2015. Musée de la poupée. Impasse Berthaud (sur la rue Beaubourg). 75003 Paris. Du mardi au samedi de 13h à 18h. Fermé les jours fériés. www.muséedelapoupeeparis.com.