Après New York et Paris, Londres ouvre enfin son "musée des migrations"

Londres, capitale cosmopolite. Pourtant, le projet de “musée des migrations” se cherchait un toit depuis trois ans. Il vient d’investir les murs d’une ancienne caserne de pompiers, dans l’attente d’un emplacement définitif. Les migrations, un thème omniprésent dans l’espace public, que ce nouveau lieu culturel souhaite mettre en perspective, en retraçant l’histoire des immigrés et émigrés qui ont façonné la Grande-Bretagne.

Sur le sol du couloir exigu, tracés à la peinture, les mots “boarding” et “arrivals” accueillent les visiteurs, pour figurer le voyage de tous ceux qui ont un jour débarqué en Grande-Bretagne. Aux murs, des clichés dépeignent les migrations du XIXe siècle, mettant par exemple à l’honneur les communautés italienne, portugaise, qui ont contribué à bâtir Londres et en ont dessiné les contours.

Plus loin, des témoignages de Calais nous parviennent. Des objets, des sculptures et un souhait : "Appelez-moi par mon prénom" ("Call me by my name”) comme le titre l'exposition. De grandes toiles suspendues déroulent des portraits d’anciens habitants du camp, esquissés par le dessinateur Nick Ellwood. Puis, sur un pan de mur blanc, une carte du monde se nourrit des contributions des visiteurs : chacun y raconte son "histoire de migration".

Paris accueille depuis 2007 un Musée national de l’histoire de l’immigration. Aux Etats-Unis, l’immigration museum d’Ellis Island, à New York, fait revivre aux visiteurs le parcours des 12 millions d’immigrés passés par ce sas d’arrivée avant de pouvoir fouler le sol américain. Mais jusqu'à maintenant, Londres ne comptait pas de musée similaire. En juin 2016, la majorité des Britanniques votait en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne. Dans le pays, d’après un sondage paru en octobre 2016, l’immigration constitue la préoccupation première de 4 habitants sur 10, soit le niveau le plus haut parmi l’ensemble des 25 participants de l'étude.

Le musée ambitionne de contourner ces chiffres, réinjecter de l’humain au coeur des statistiques. À trois semaines des élections législatives britanniques, alors que les thèmes de l’identité et des frontières monopolisent l’espace public, ce nouveau lieu culturel londonien a le mérite de vouloir enrichir le débat. Ou du moins tenter d’ouvrir la discussion.

Migration Museum at The Workshop, 26 Lambeth High St, Lambeth, London SE1 7AG. Ouvert du mercredi au dimanche de 10h à 16h, entrée gratuite. 

Cécilia Brès avec Clément Le Goff

Publié par Bureau de Londres / Catégories : Non classé