Hockney, roi de la couleur et de l'illusion

"Portrait d'un artiste (Piscine avec deux silhouettes)" 1972, acrylique sur toile, 84 X 120 © David Hockney. Crédit: Art gallery of New South Wales/ Jenni Carter.

L'artiste britannique, David Hockney, se dévoile au Tate Britain jusqu'au 29 mai 2017. Une exposition retraçant 60 ans de créations, d'audace et d'amour.

Tout commence par une pièce aux murs mauves. Avec six peintures. Comme une introduction à l'oeuvre de David Hockney, l'un des artistes britanniques les plus influents du mouvement contemporain.

Dès 10h du matin, les salles de l'exposition vibrent d'un murmure international. Anglais, espagnol, italien, français, hongrois... Le monde se presse devant 60 ans de créations, présentées de manière chronologique.

David Hockney "Garden with Blue Terrace" 2015 Acrylic on canvas 48 x 72" © David Hockney Photo Credit: Richard Schmidt

"Jardin avec terrasse bleue" 2015, acrylique sur toile, 48 x 72.
© David Hockney. Crédit: Richard Schmidt.

Le voyage dans le temps débute en 1960, au Royal College of Art. C'est là que Hockney compose ses premières toiles; un mélange sombre de fantasmes et de mirages où se nichent des mots, des chiffres et des bouts de phrases. Autant de détails qui révèlent la passion d'un artiste qui repousse les limites de son art. Car tout n'est qu'illusion : le plat devient volume. L'abstrait, réalité. La couleur, un mouvement.

"David Hockney", Los Angeles, 9 mars 2016. © David Hockney. Crédit: Jean-Pierre Gonçalves de Lima

Pour le visiteur, fin connaisseur de son oeuvre, l'exposition confirme le génie de ce père du pop art britannique. De ses peintures bigarrées à la minutie de ses dessins; de ses compositions filmées à ses créations sur iPad. La retrospective proposée par le Tate rend hommage au talent de Hockney, à l'aube de ses 80 printemps.

La succession des toiles et des univers finissent aussi par convaincre les novices ou les plus réticents. La ronde des couleurs, jamais agressives, est une invitation à la joie. Devant les larges paysages du Grand Canyon et des jardins anglais, Jérémy, 13 ans, découvre et confie: " Je suis vraiment surpris ! On dirait qu'on peut entrer dans les peintures." 

"9 études du Grand Canyon" 1998, huile sur toile, 39 1/2 X 65 1/2" © David Hockney. Crédit : Richard Schmidt.

"9 études du Grand Canyon" 1998, huile sur toile, 39 1/2 X 65 1/2
© David Hockney. Crédit : Richard Schmidt.

Un peu plus loin, les totems amérindiens côtoient les pelouses symétriques dans une harmonie décomplexée. Des États-Unis à son Angleterre natale, Hockney célèbre les grands espaces à l'état sauvage, la géométrie cubique des villas californiennes, et la beauté des hommes.

Car s'il est une autre règle que l'artiste transgresse, c'est bien celle de la bienséance sociale. Dans une société condamnant l'homosexualité dans les années 60-70, David Hockney magnifie le corps masculin, athlétique et dénudé, sans obscénité.

"Peter sortant de la piscine de Nick" 1966, acrylique sur toile, 84 X 84 © David Hockney. Collection : Walker Art Gallery, Liverpool. Crédit : Richard Schmidt.

"Peter sortant de la piscine de Nick" 1966, acrylique sur toile, 84 X 84
© David Hockney. Collection : Walker Art Gallery, Liverpool. Crédit : Richard Schmidt.

Dans chaque pièce, l'audace et l'énergie débordent des tableaux, des photographies, des dessins... Aurore et Mathieu Zind, en voyage à Londres pour la semaine, sourient. "C'est magnifique, moderne, lumineux ! Le travail sur le reflet de l'eau, notamment, est impressionnant, s'accordent-ils à dire. C'est exactement comme cela que l'on s'imaginait les États-Unis !" À travers cette exposition, Hockney souhaitait apporter de la joie. Pari réussi.

Victoria Rouxel avec Alban Mikoczy.