Voyage au pays du manga

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 13H39, publié le 30/01/2011 à 10H31
Voyage au pays du manga

Voyage au pays du manga

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Le manga a désormais toute sa place au festival de bande dessinée d'Angoulême . Aujourd'hui, le manga est un poids-lourd du marché de la bande dessinée en France. Le festival d'Angoulême et la cité de la BD ont, bien sûr, accompagné cette nouvelle donne éditoriale. De nombreux éditeurs, auteurs et libraires se sont intéressés, voir spécialisés, dans cette BD japonaise. Reconnu mondialement comme un mode narratif particulier, sinon un art singulier, le manga fait désormais l'objet de multiples publications, recherches et conférences d'experts français et étrangers.

Si aujourd'hui le manga est devenu un véritable phénomène de société, le terme manga est entré dans les dictionnaires français il y a une dizaine d'années seulement. La forme actuelle de ce mode de narration figurative n'est réellement devenue mature qu'après la Deuxième guerre mondiale, grâce notamment à Osamu Tezuka, considéré depuis comme le "père du manga".
L'évolution du manga a pour particularité d'entrer en permanence en résonance avec les préoccupations sociales, les événements historiques, les fluctuations économiques, les changement familiaux vécus par les Japonais.
Publié en 1947, Shintakarajima (la nouvelle île au trésor) de Tezuka a inauguré une expressivité d'un dynamisme jusqu'alors inédit.
Dans la décennie suivante, après le départ des forces occupantes américaines, en 1952, les ninja et autres guerriers refirent surface, en même temps que surgirent des robots bienfaiteurs comme l'indétrônable Tetsuwan Atomu (Astro Boy) du prolifique Tezuka.
Durant les années 1960, le manga prit une tournure adulte, sociétale et politisée, que reflètent des séries comme Kamui Den (La légende de Kamui), du gauchiste Sanpei Shirato, ou Ashita no Joe (Joe de Demain), de Tetsuya Chiba et Asao Takamori (alias Ikki Kajiwara), deux sagas qui chauffèrent les étudiants en colère au tournant de la décennie 1960/1970.
Par la suite, les femmes, alors revendicatives, utilisèrent aussi le vecteur du manga, avec des oeuvres plus engagées qu'elles ne le paraissent, comme Berusaiyu no bara (La Rose de Versailles) de Riyoko Ikeda. La mangaka et cantatrice japonaise, invitée exceptionnelle du Festival d'Angoulême, a expliqué comment "La Rose de Versailles" était née voici près de 40 ans dans un pays où son audace choquait. Riyoko Ikeda a aussi confié que son oeuvre la plus célèbre risque encore la censure au Japon.


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