272p. - 17,90€

«En définissant le paysage comme "la partie d’un pays que la nature présente à un observateur", qu’avons-nous oublié ?
Car l'espace ouvert par le paysage est-il bien cette portion d’étendue qu’y découpe l’horizon? Car sommes-nous devant le paysage comme devant un "spectacle"? Et d’abord est-ce seulement par la vue qu’on peut y accéder – ou que signifie "regarder"?
En nommant le paysage "montagne(s)-eau(x)", la Chine, qui est la première civilisation à avoir pensé le paysage, nous sort puissamment de tels partis pris. Elle dit la corrélation du Haut et du Bas, de l’immobile et du mouvant, de ce qui a forme et de ce qui est sans forme, ou encore de ce qu’on voit et de ce qu’on entend... Dans ce champ tensionnel instauré par le paysage, le perceptif devient en même temps affectif ; et de ces formes qui sont aussi des flux se dégage une dimension d’"esprit" qui fait entrer en connivence.
Le paysage n’est plus affaire de "vue", mais du vivre.
Une invitation à remonter dans les choix impensés de la Raison ; ainsi qu’à reconsidérer notre implication plus originaire dans le monde.»

François Jullien.

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