160 p. - 13,90 €

Alors que son père vient de disparaître, Michel Crépu se souvient d'épisodes le concernant, et il cerne peu à peu la personnalité d'un homme complexe, qui, semble-t-il, s'employa à brouiller les cartes pour ne pas se laisser incorporer dans un destin trop serré. C'est pourtant une voie étroite qui lui était réservée : Roger Crépu était métreur et il passa toute sa vie à construire des maisons. Il épouse une jeune femme employée à la galerie d'art Lelong. Fervent croyant, fils d'un sacristain, il ne s'intéresse pas aux livres, préfère les journaux. Il voit peu d'amis, mais il se passionne pour le cirque où il emmène régulièrement Michel et son frère. Sa manière de vivre sa foi est singulière, d s'engage en faveur de la Démocratie chrétienne et de la Jeunesse ouvrière chrétienne ; son action s'inscrit dans la logique du mouvement créé par Marc Sangnier, le Sillon, qui vise à rapprocher le catholicisme de la République en offrant aux ouvriers une alternative aux partis de la gauche anticléricale. Pendant un temps, son fils raide à coller des affiches. Or c'est dans des circonstances accablantes que la vie de son père se termine, victime d'un accident cérébral, il est peu à peu soustrait du monde, à mesure que ses facultés mentales se dégradent. C'est un récit tenu par une extrême tension et qui fixe le portrait d'un homme, dont les reflets projettent les lumières d'une époque révolue et pourtant pas si lointaine. L'attachement filial de Michel Crépu est aussi intéressant que le contexte du XXe siècle, où l'on conjuguait la religion avec la politique, la littérature avec le pouvoir, le communisme avec l'inspiration. Sobre, délicate et nerveuse, l'écriture est une réussite. Un jour
Mettre en avant le livre: