Umberto Eco quitte la maison d'édition rachetée par la famille Berlusconi

Par @Culturebox
Publié le 24/11/2015 à 17H41
Umberto Eco à Paris en mai 2015

Umberto Eco à Paris en mai 2015

© François Guillot / AFP

Plusieurs grands noms de la littérature, dont l'Italien Umberto Eco, ont décidé de quitter leur maison d'édition historique, devenue la propriété de la famille Berlusconi, pour en rejoindre une nouvelle et indépendante, ont-ils annoncé mardi dans les médias italiens.

Le 5 octobre dernier, la famille de l'ancien Premier ministre et milliardaire Silvio Berlusconi, propriétaire d'Arnoldi Mondadori Editore, a annoncé avoir acheté RCS Libri, la filiale livres de RCS, l'éditeur du Corriere della Sera.
 
RCS, dont le principal actionnaire est le constructeur Fiat Chrysler Automobiles (FCA), rassemble une douzaine de maisons d'édition, comme la généraliste Rizzoli ou encore Bompiani, éditeur en Italie d'Umberto Eco et du Français Michel Houellebecq.

Un géant de l'édition représentant près de 40% du marché italien

Cet accord, conclu après neuf mois de négociations, a donné naissance à un géant de l'édition, représentant près de 40% du marché italien, une force de frappe sans égale en Europe. Une cinquantaine d'auteurs avaient tiré la sonnette d'alarme dès l'ouverture des négociations, face à la création de ce que la presse italienne a spontanément baptisé "Mondazzoli".
 
Il aura fallu près de deux mois pour que soit lancée une nouvelle maison d'édition, baptisée "La nave di Teseo" (le bateau de Thésée, le mythique roi d'Athènes). Elle sera dirigée par Elisabetta Sgarbi, ancienne directrice éditoriale de Bompiani, et éditera, outre Umberto Eco, les Italiens Sandro Veronesi ("Chaos calme"), Susanna Tamaro ("Va où ton coeur te porte"), mais aussi le Britannique Hanif Kureishi ("Intimité"), l'Américain Michael Cunningham ("The hours"), le Marocain Tahar Ben Jelloun ("La nuit sacrée")...

"Une cinquantaine de titres en 2016"

"Nous pensons commencer à travailler en janvier afin de proposer nos premiers titres fin avril, à l'occasion du salon du livre de Turin", a expliqué Elisabetta Sgarbi au Corriere della Sera, en précisant que son objectif était de proposer "une cinquantaine de titres en 2016".
 
Écrivains et hommes d'affaires, dont l'éditeur français Jean-Claude Fasquelle, feront partie des actionnaires, mais aucune autre maison d'édition, a expliqué Mme Sgarbi à la Stampa, afin de "garantir le maximum d'indépendance" et de pluralisme.