L'édition jeunesse attend le Père Noël

Par @Culturebox
Publié le 28/11/2013 à 16H29
Le secteur de la littérature jeunesse en baisse

Le secteur de la littérature jeunesse en baisse

© Laurence Houot / Culturebox

Locomotive de l'édition en constante croissance ces dernières années, le secteur de la littérature jeunesse fait pour la première fois grise mine mais mise sur le boum des ventes de Noël pour regarnir sa hotte, après deux trimestres de recul.

A l'heure du 29e Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil, Livres Hebdo révèle une nouvelle baisse de 1% des ventes de l'édition jeunesse au troisième trimestre 2013, comme au deuxième. Et le recul serait plus net sans les best-sellers pour ados: "Héros de l'Olympe, vol. 3", de Rick Riordan (Albin Michel Jeunesse), en tête des ventes entre janvier et octobre 2013, les trois volumes de "Hunger Games" (PKJ), de Suzanne Collins, qui trustent les trois places suivantes, suivis des "Héritiers d'Enkidiev, vol. 5" (Michel Lafon), d'Anne Robillard. En 2012, la série "Hunger Games" s'était vendue à 585.000 exemplaires et le 4e tome d'"Eragon" à 255.000.

La littérature jeunesse continue à booster les ventes de livres

Les livres pour enfants restent toutefois une valeur sûre au pied du sapin de Noël et les ventes d'ouvrages pour la jeunesse demeurent supérieures à la moyenne du marché du livre. Mais l'écart se resserre depuis le 4e trimestre 2012. "Novembre et décembre ont représenté en moyenne 27% du chiffre d'affaires annuel de l'édition jeunesse entre 2010 et 2012", note Sébastien Rouault, chef du Livre chez GfK Consumer Choices.

"Nous sommes inquiets mais il ne faut pas oublier que le chiffre d'affaires se fait au dernier trimestre", renchérit Thierry Magnier directeur du pôle jeunesse d'Actes Sud. Toutes les maisons d'édition sont donc sur le pied de guerre pour tirer parti des fêtes et s'assurer une fin d'année plus souriante.

En 2012, avec 75,5 millions d'exemplaires vendus pour un chiffre d'affaires de 579 millions d'euros, la jeunesse a représenté 17% du marché du livre et 24% des quantités écoulées. Soit près d'un livre vendu sur quatre en France, relève GfK.

"Les libraires sont nos meilleurs défenseurs"

Marché tendu, mises en place décevantes, nouveautés commandées parfois en un seul exemplaire, licences anciennes préférées aux nouvelles parutions... Les raisons de ce relatif désamour? Les éditeurs mettent en cause la crise économique, la faible fréquentation des librairies, la disparition de Virgin, l'offre réduite de la Fnac ou encore la fermeture de plusieurs librairies Chapitre.

"En jeunesse, les livres ne sont pas médiatisés, les libraires sont nos meilleurs défenseurs", remarque Marion Jablonski, directrice d'Albin Michel Jeunesse, dans Livres Hebdo. "L'aménagement du temps scolaire peut être l'occasion de toucher de nouveaux petits lecteurs", espère Alain Serres, fondateur de Rue du Monde.

Côté production, celle d'ouvrages documentaires a reculé de 5% mais la fiction ainsi que les activités et jeux ont bondi de 6% et l'éveil de 8%, selon Livres Hebdo/Electre.

Les bébés bons clients

Eveil et petite enfance tirent leur épingle du jeu. Les bébés raffolent notamment des livres-jouets. Plusieurs éditeurs ont emboîté le pas à Gallimard jeunesse et ses "Petits imagiers sonores" de Marion Billet. Depuis 2009, deux millions d'enfants ont fait avec eux "coin coin", "meuh" ou "pimpon". Chez Milan jeunesse, les "imagiers à toucher" séduisent aussi, comme les "Contes et comptines à toucher" qui fêtent leurs dix ans et 1,8 million de ventes.

A l'honneur cette année à Montreuil, les héros se déclinent à tout âge. "Monsieur", "Madame", "T'choupi" et "Petit Ours Brun" sont depuis des années les préférés des plus petits. "Max et Lili", "Tom Tom et Nana", "Géronimo Stilton", "Le Petit Nicolas", "Tara Duncan", "Harry Potter" ou "Percy Jackson" restent incontournables pour les 6-12 ans.

Quant aux superhéros issus des Comics américains, leurs ventes ont progressé de 10% entre janvier et octobre 2013 (1,6 million de ventes) et le chiffre d'affaires généré de +17%, à près de 25 millions d'euros, par rapport à l'année précédente.

Licences et héros investissent parfois le marché du livre après d'autres marchés, tels "Monster High", venu du jouet, ou "Angry Birds", issu des jeux vidéos.