Salon du livre : Mircea Cartarescu se désiste sur fond de polémique à Bucarest

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/03/2013 à 12H25, publié le 15/03/2013 à 14H21
L'écrivain roumain Mircea Cartarescu n'ira pas au Salon du livre de Paris (ici à Madrid, 27 février 2013)

L'écrivain roumain Mircea Cartarescu n'ira pas au Salon du livre de Paris (ici à Madrid, 27 février 2013)

© Angel Diaz/EFE/MAXPPP

Mircea Cartarescu, l’auteur contemporain roumain le plus traduit et considéré comme un Prix Nobel potentiel, ne participera pas au Salon du livre parisien, où la littérature roumaine est l’invitée d’honneur. Il l’a annoncé vendredi.

"Tout ce que je peux vous dire en ce moment, c’est que je ne participerai pas au Salon du Livre", a déclaré Mircea Cartarescu. "La semaine prochaine, je ferai une déclaration de presse pour expliquer cette décision", a-t-il ajouté, ne souhaitant pas donner d'autres détails.
 
Mircea Cartarescu, 56 ans, auteur entre autres de "Orbitor" ("L'oeil en feu", Denoël, 2005) et de "Aripa tatuata" ("L'Aile tatouée", Denoël, 2009) figurait parmi une trentaine d'écrivains roumains invités au Salon du livre la semaine prochaine.
 
Sa décision de ne pas venir à Paris intervient alors que la nouvelle direction de l'Institut culturel roumain (ICR) a lancé des attaques contre certains intellectuels accusés d'être favorables au président roumain de centre droit Traian Basescu.
 
La réorganisation de l'Institut culturel roumain contestée
Dans une interview à la chaîne Realitatea TV en octobre, le président de l'ICR Andrei Marga, nommé un mois plus tôt à ce poste par la majorité de centre gauche, avait laissé entendre que Mircea Cartarescu faisait partie des écrivains  "privilégiés" par l'ancienne direction de l'Institut en ce qui concerne le nombre de volumes traduits et publiés à l'étranger.
 
La réorganisation expéditive de l'ICR après l'arrivée au pouvoir du gouvernement de centre gauche et la nomination d’Andrei Marga ont soulevé une vague de contestation en Roumanie et dans les milieux culturels du monde entier.
 
Des centaines d'artistes et de responsables culturels dont les Prix Nobel  de littérature suédois Tomas Tranströmer et allemand Herta Müller, l'éditeur  français Paul Otchakovsky-Laurens (Editions P.O.L), l'écrivain Jean Mattern, ou  les cinéastes roumains primés à Cannes comme Cristian Mungiu ou Cristi Puiu  avaient dénoncé une tentative "d'encadrement politique" de la culture.