Salon du Livre : l'édition en région, un combat quotidien !

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Mis à jour le 25/06/2013 à 12H03, publié le 25/03/2013 à 18H30
Le stand de la Corse au Salon du Livre de Paris

Le stand de la Corse au Salon du Livre de Paris

© Pierre-Yves Grenu

L'édition régionale était bien représentée au 33e Salon du Livre : 16 grands stands régionaux et de nombreux indépendants. Un secteur dynamique mais qui, lui aussi, souffre de la crise.

S’imposer dans l’édition en région exige une bonne dose de ténacité et de créativité. Bernard Biancarelli en sait quelque chose. Directeur éditorial d’Albiana, le principal acteur de l’édition corse, il peine à intéresser les médias aux productions variées qu’il ne cesse de développer. Collections de polars, beaux livres, ouvrages régionalistes… « Rien, pas une ligne dans la presse nationale, on ne sait pas comment les intéresser ! ». Il a même édité les deux premiers livres de Jérôme Ferrari. Et aurait bien aimé publier les suivants... "Mais, il ne faut pas rêver. Il est totalement impossible que l'on attribue le Goncourt à une petite maison comme la nôtre...".

Prenez encore le cas de Florent Charbonnier, franco-canadien de 44 ans, au profil atypique. Etudes de commerce, concessionnaire automobile… avant de s’abandonner en 2007 à sa véritable passion : le livre. Il crée Caraïbeditions en Martinique et Guadeloupe. Et démarre avec un coup, un sacré : il négocie l’autorisation d’éditer des albums de Tintin, Astérix et Titeuf en créole ! Et ça marche. 15 000 exemplaires pour le premier Astérix. Un petit jackpot qui lui permet de s’ouvrir vers des projets différents et sans doute moins rentables. Créer un espace d’expression créole et plus largement « domien ». Notamment en direction des Antillais vivant en métropole.

Aujourd’hui, Caraïbeditions publie notamment des romans de Raphaël Confiant. Mais Florent Charbonnier avoue que c’est très dur : « Un livre qui se vend bien aujourd’hui vend deux fois moins qu’il y a cinq ans ! Les tirages sont tout simplement divisés par deux ! La rentabilité est très compliquée ». Et l’aide des collectivités territoriales a tendance, elle aussi, à réduire. Bref, les temps sont durs ! 

Réduire les coûts

Président de l’association des Requins Marteaux, éditrice de BD à Bordeaux, Frédéric Felder a du se résoudre à travailler autrement pour réduire ses coûts. « Nous avions un imprimeur formidable, en France, qui nous assurait une grande qualité. A un moment, la question de notre survie s’est posée... et notre imprimeur est désormais en… Slovénie ! ».

Pour assurer leur pérennité, les éditeurs régionaux, souvent mal distribués par les grandes enseignes, doivent pouvoir compter sur le réseaux des libraires. « On espère vraiment que les aides débloquées par Aurélie Filipetti soutiendront les libraires curieux et ouverts sur les productions indépendantes, insiste Jutta Hepke, co-fondatrice des éditions Vent d'ailleurs (La Roque d’Anthéron–13). Il faut que les libraires résistent à la tentation de ne plus vendre que ce qui est sûr de marcher, et continuent à prendre des risques. ».