Salon du Livre : Douglas Kennedy - Macha Méril, bel endroit pour une rencontre

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Publié le 22/03/2015 à 14H57
Macha Méril et Douglas Kennedy

Macha Méril et Douglas Kennedy

© PJB/IBO/SIPA

Il est l'auteur américain préféré des Français. Elle a joué pour les plus grands, de Bunuel à Godard, en passant par Fassbinder, Lelouch ou Bertrand Blier. Ils se sont rencontrés dimanche midi sur la scène des auteurs du Salon du Livre, et se sont tout de suite trouvé des atomes crochus.

Les organisateurs du Salon du Livre ont intitulé cette rencontre "Quand Douglas Kennedy murmure à l'oreille de Macha Méril", en référence au titre de son dernier ouvrage paru ("Murmurer à l'oreille des femmes"). En fait, on va très vite se rendre compte que c'est l'inverse. Car la comédienne vient pour nous lire des extraits du nouveau roman de Kennedy, "Mirage", qui ne sortira que le 7 mai.

"Je suis tombé instantanément amoureuse de Paul Leuen…" Macha Méril a chaussé ses lunettes rouges et s'attaque au premier extrait. Grand cinéphile, le romancier apprécie de retrouver ses mots dans la bouche d'une actrice dont il connaît toute la filmographie. Ce qu'il ignore, en revanche, c'est que Macha Méril est née à Rabat. Et que ce "Mirage", dont l'action se déroule en terres marocaines, entre Essaouira, Casa et Ouarzazate, a pour elle des résonnances très particulières.

"Vous le décrivez magnifiquement, mais vous n'êtes pas tendre avec le Maroc" lui dit-elle. "Les policiers, les fonctionnaires sont nuls ou véreux, et pas mal de personnages ne sont pas brillants". Douglas Kennedy tique un peu, il a au contraire le sentiment d'avoir été plutôt bienveillant.

Ecrivain voyageur

Comme d'habitude, les villes et les pays tiennent un rôle majeur dans le nouveau Kennedy. Après Berlin dans "Cet instant là", Paris dans "La femme du Ve", l'Egypte ("Au-delà des Pyramides"), ou l'Australie ("Piège Nuptial" /"Cul de sac"), ce sont cette fois Essaouira, Casablanca, Ouarzazate et le désert marocains qui l'inspirent. Des lieux qu'il connaît bien, pour s'y être rendu de nombreuses fois.

Plus voyageur que jamais, l'auteur américain. Lui qui vit entre Paris, Londres, le Maine, Berlin et Montréal, trouve encore le moyen de multiplier les allers-retours d'une journée ou deux pour assister à un opéra en Allemagne ou honorer l'invitation d'un salon du livre en Suisse ou en Bretagne. "En fait, ce que vous aimez vraiment, le chambre gentiment Macha Méril, c'est prendre l'avion !".

Comme dans plusieurs de ses livres précédents, il s'est mis dans la peau d'une femme. La narratrice, son personnage principal, c'est Robyn, une experte comptable amoureuse éperdue d'un artiste, aussi saltimbanque qu'elle est cartésienne. "Je ne tire pas de plaisir particulier à écrire 'au féminin', vous savez. Dans ce genre de situation, je suis un interprète, rien de plus !".

"Et en amour, lui demande la comédienne, vous êtes plutôt optimiste ou pessimiste ? – Je suis réaliste !", répond sans hésiter Kennedy, si doué pour explorer les crises conjugales, décrire ces rouages qui se grippent peu à peu, ces masques qui tombent…

Fous de Dieu

Le temps file vite. On parle encore un peu. Douglas Kennedy, qui n'a jamais été tendre avec ses compatriotes, et en particulier avec le puritanisme religieux d'un certain nombre d'entre eux, ne l'est pas davantage avec tous les fous de Dieu lancés dans une compétition sanglante à l'échelle planétaire. "Combien sont-ils dans le monde, les terroristes ? 5000 types, peut-être, pas plus, qui ne visent qu'une chose. Nous faire peur."

Encore un extrait lu par Macha Méril, copieusement applaudie par le public du Salon, et on en restera là. Pas question de déflorer davantage ce "Mirage" (Belfond) qui ne sortira en librairie que le 7 mai. Un roman qui, selon toute vraisemblance, devrait connaître le destin de ses prédécesseurs et faire un carton en librairie.

"Mirage" (Belfond) en vente le 7 mai
Le même jour sortira dans la collection "Omnibus" la compilation des quatre premiers romans de Douglas Kennedy sous le titre "Des Héros Ordinaires"