Salon du Livre : Barcelone, le voyage en ballon

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Publié le 22/03/2013 à 16H51
Lionel Messi, superstar de la meilleure équipe du monde

Lionel Messi, superstar de la meilleure équipe du monde

© Emilio Morenatti/AP/SIPA

Barcelone est la ville invitée de ce Salon du Livre 2013. Et si la richesse de la littérature catalane est l’attraction centrale de son joli stand, le football y a évidemment trouvé sa place le temps d’un débat auquel participait Lilian Thuram.

« Lorsque Barcelone m’a contacté, j’avais déjà 34 ans. J’ai cru à une plaisanterie » raconte Lilian Thuram. Jouer au Barça, le rêve de tout joueur, amateur ou pro, poussin ou vétéran. « Et là bas, je  me suis rendu compte qu’avant, durant toutes ces années, je n’avais pas joué au foot. Tout était différent. Le travail, le jeu, l’identité ».
 
Sergi Pamies, écrivain et journaliste catalan, confirme, à Barcelone, le foot, c’est bien plus que du foot ! « Ça remonte aux humiliations publiques de la dictature espagnole contre les Catalans. Le Barça a incarné la rébellion. Franco l’a bien compris, lui qui, entre 1939 et 1945 a tout fait pour détruire le club ». Mais il est toujours là, le FC Barcelone, plus puissant que jamais. Toujours le symbole de l’espoir nationaliste catalan. « Lors de chaque match, poursuit Sergi Pamies, le public attend les 17 minutes et 14 secondes de jeu et s’écrie « Independance ». 1714, c’est la fête nationale catalane. « Et aujourd’hui, pas mal d’adversaires, attendent le même moment, 17 minutes et 14 secondes, et crient « Viva Espana » ! ».

De bonnes personnes

Mais, concrètement, où sont les véritables différences ? Que cache le slogan « Plus qu’un club » ? « La philosophie du jeu n’a rien à voir avec celle des autres clubs » explique Thuram.  « La règle, c’est le plaisir, l’amour du jeu. Et si vous gagnez en jouant mal, le public vous siffle ! ». Les joueurs ont un devoir d’exemplarité. « On a besoin qu’ils soient de bonnes personnes, dit Jordi Punti, lui aussi écrivain-journaliste. Qu’ils soient en chair et en os, pas inaccessibles ».
Débat Barcelone avec Lilian Thuram
Ah, le Barça, tout le monde pourrait en parler des heures. Mais, paradoxalement, les écrivains ont du mal à y trouver une réelle inspiration littéraire. « C’est très difficile pour l’écrivain de raconter un match de foot »  nous dit Jordi Punti. « C’est comme raconter la vie d’un peintre, sa façon de peindre. D’autant qu’aujourd’hui, tout le monde connaît bien le foot, on ne peut pas surprendre ». Sergui Pamies abonde et précise : « Il faut aussi se souvenir que durant les années du franquisme, on considérait qu’écrire sur le foot, c’était participer au modèle du dictateur : du pain et des jeux » !
 
Jordi Punti vient de publier « Bagages perdus » (JCLattes)
Dernier ouvrage en français de Sergui Pamies : « La bicyclette statique » (Raillard)
Lilian Thuram « Mes Etoiles Noires » réédité en Points Poches