Mitterrand s'indigne des propos de Hollande sur la culture soumise au marché

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 19/03/2012 à 16H52
Frédéric Mitterrand au Salon du Livre

Frédéric Mitterrand au Salon du Livre

© FRANCOIS GUILLOT / AFP

Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand s'est indigné lundi, en dressant le bilan de son action à l'occasion du 32e Salon du livre, des propos du candidat PS François Hollande, qui a estimé dimanche que pour la culture "le marché avait depuis 5 ans réponse à tout".

"J'ai entendu hier (dimanche), au Cirque d'Hiver, que depuis cinq ans, c'est le marché qui en matière de culture a réponse à tout : les bras m'en tombent, je ne pensais pas qu'on pouvait se laisser aller à des contrevérités aussi éhontées", a déclaré M. Mitterrand. "J'ai entendu qu'on sanctuariserait le budget de la culture, comme le gouvernement l'a fait depuis 5 ans, que le Centre National de la Musique était une bonne idée, qu'il fallait défendre le prix unique du livre numérique, j'ai l'impression que certains sont comme le coucou : ils font leur nid dans celui des autres", a-t-il ajouté. 

"Le budget consacré au livre et à la lecture a été au coeur de mes préoccupations : 270 millions d'euros en 2012, un budget croissant au service de la numérisation, une augmentation des aides du Centre national du livre (CNL) en faveur de la librairie", a rappelé le ministre de la Culture. "Nous allons continuer dans cette voie. Je souhaite qu'en 2012, le chantier du livre numérique en bibliothèque soit inscrit à notre agenda. C'est une question d'importance, qui concerne les éditeurs, les libraires et les collectivités territoriales", a-t-il assuré. 

Le candidat socialiste à la présidentielle, qui a longuement visité le Salon du livre dimanche avant son meeting au Cirque d'Hiver, a aussi estimé que la culture avait "été pendant ces 5 ans abandonnée, oubliée". Critiquant "la décision malheureuse, maladroite, mal pensée", du "candidat-sortant" d'augmenter la TVA sur le livre, François Hollande a réaffirmé son intention de ramener son taux "de 7 à 5,5%", de "défendre le livre numérique à prix unique" et de "protéger les droits d'auteur et le réseau de libraires".