Matthieu Pigasse : "Le Comte de Monte-Cristo" c'est le refus du conformisme !

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Publié le 23/03/2014 à 17H49
Matthieu Pigasse

Matthieu Pigasse

© BISSON BERNARD/JDD/SIPA

Les organisateurs du Salon du Livre ont eu cette année la bonne idée de convier plusieurs personnalités à dévoiler "le livre qui a changé leur vie". Matthieu Pigasse a choisi un livre d'enfance : le roman d'Alexandre Dumas.

Banquier chez Lazard, propriétaire des Inrockuptibles, actionnaire du groupe Le Monde (et bientôt du Nouvel Obs) avec Pierre Bergé et Xavier Niel, Matthieu Pigasse a déjà eu plusieurs vie. Cet amateur de musique punk n'a jamais eu peur de faire le grand écart. Marqué à gauche, il vient de publier "Eloge de l'Anormalité” (Plon), une charge sévère contre la politique de François Hollande dont il stigmatise l'attentisme face à la crise. 

Le livre qui a changé sa vie : "Le Comte de Monte-Cristo" d'Alexandre Dumas

"C'est vraiment le livre d'enfance qui m'a profondément marqué. Il y a l'aventure, le voyage, la figure de ce héros Edmond Dantès dont la capacité à agir sur sa vie me touche. La quête de sens, aussi : la revanche sur le système qui l'a jeté en prison. Et le refus du conformisme et des valeurs bourgeoises qui l'incarnent. 

J'aurais aussi pu choisir "Madame Bovary". 'J'écris pour faire vomir le bourgeois' disait Flaubert. Et moi ce qui me touche, c'est la révolte. Dans mes lectures, j'avoue un côté "vieux con" : je relis toujours les mêmes livres, ceux d'Henri Michaux, par exemple. 

Les hommes politiques manquent de profondeur

L'un des problèmes de la classe politique d'aujourd'hui, c'est son manque de profondeur culturelle, historique. Elle a un rapport aux livres qui pose problème. Si elle manque de projection dans le futur, c'est aussi du à son manque de connaissances historiques. 

Je suis un enfant de la République, j'aime mon pays, profondément. Je ressens de la colère et une blessure face à la situation actuelle. Il faut que des politiques secouent le système. Nous manquons d'audace. Chassons la normalité, renouons avec l'exceptionnel ! Je suis frappé de voir qu'en italie, malgré un système politique complexe, il y a des hommes neufs qui peuvent se lever. Il nous faudrait un Matteo Renzi !"