Un roman consacré à Théroigne de Méricourt

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 13H39, publié le 23/04/2011 à 15H59
Un roman consacré à Théroigne de Méricourt

Un roman consacré à Théroigne de Méricourt

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Révolutionnaire et féministe avant l'heure, le destin romancé de Théroigne de Méricourt par Philippe Séguy dans "Et embrasser la liberté sur la bouche",aux éditions Flammarion.

Théroigne de Méricourt naît en 1762 dans l'ancienne principauté de Liège dans une famille de paysans relativement aisés, elle ne s'appelle encore qu'Anne-Josèphe Terwagne. En rébellion contre sa famille, elle devient assez vite une demi-mondaine et une aventurière multipliant les liaisons. Elle vit à Paris, à Londres, s'essaie à une carrière de chanteuse. Elle se trouve à Rome quand éclate la Révolution. Le tempérament bouillonant de la jeune femme va embrasser la tempête révolutionnaire avec exaltation même si elle ne théorise guère ses idées comme Olympe de Gouges. Théroigne est toutefois en première ligne. Elle participe à la prise de la Bastille et mène les femmes qui vont chercher la famille royale à Versailles pour la ramener à Paris.
Cet épisode haut en couleurs aurait d'ailleurs incité le peintre Eugène Delacroix à la prendre pour modèle pour sa " Liberté guidant le peuple."
Durant l'invasion des Tuileries, la redoutable amazone incite la foule à massacrer le pamphlétaire royaliste François-Louis Suleau, crime qui lui donnera d'affreux remords ce qui la poursuivra jusqu'à sa propre mort.
Ardente républicaine, son style belliqueux et ses positions tranchées lui valent aussi les railleries de l'opinion et de nombreux ennemis, on la surnomme entre autres " la furie de la Gironde ".
Mais la Révolution française n'est pas une révolution féministe et ce sont justement les femmes qui se feront les instruments de la chute de Théroigne : en 1793, à l'Assemblée nationale, la Girondine est prise à partie par des femmes jacobines qui la dénudent et l'humilient avec violence.
Elle ne se remettra jamais de cette expérience dégradante et déçue par la Révolution, elle sombre rapidement dans la folie. Paradoxalement, c'est justement son aliénation qui lui évite la guillotine à laquelle son tempérament et le sens de l'Histoire l'auraient sans doute condamnée.
Elle est internée à la Salpêtrière où elle meurt en 1817 sans avoir recouvré la raison.

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