Un prix littéraire décerné en prison par un jury de détenus

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/06/2014 à 09H59, publié le 18/06/2014 à 19H58
Bibliothèque du Centre pénitentiaire Sud-Francilien de Réau, en Seine-et-Marne

Bibliothèque du Centre pénitentiaire Sud-Francilien de Réau, en Seine-et-Marne

© BERTRAND GUAY / POOL / AFP

Dix détenus, cinq hommes et cinq femmes, se sont transformés en jurés littéraires pour attribuer le premier Prix Paris Diderot-Esprits libres, décerné au terme de débats passionnés à Maylis de Kerangal pour son roman "Réparer les vivants" (Verticales).

Le Prix Paris Diderot-Esprits libres est né d'une initiative originale de l'Université Paris Diderot et de sa Fondation, ce prix parrainé par Patrick Poivre d'Arvor. Il sera remis vendredi à Maylis de Kerangal pour son roman "Réparer les vivants" (Verticales) au Centre pénitentiaire Sud-Francilien de Réau, en Seine-et-Marne, ont précisé mercredi les organisateurs.
"Réparer les vivants" de Maylis de Kerangal : 1re de couverture

"Réparer les vivants" de Maylis de Kerangal : 1re de couverture

© Editions Verticales
Depuis janvier, le jury s'est réuni toutes les six semaines pour débattre d'un des cinq titres de la sélection lors de réunions animées par deux universitaires. Les autres romans, tous parus récemment, étaient "L'extraordinaire voyage du fakir qui était coincé dans une armoire Ikea" de Romain Puértolas, "Le Garçon incassable" de Florence Seyvos, "La petite communiste qui ne souriait jamais" de Lola Lafon et "Mali, ô Mali" d'Erik Orsenna.
Paris Diderot est aujourd'hui la seule université française à disposer d'un service d'enseignement en milieu carcéral. Elle propose aux détenus d'entamer ou de poursuivre des études de leur choix, organise des conférences et des ateliers. Cette université a aussi choisi, avec le soutien de l'administration pénitentiaire, d'enseigner "dans les murs" de la prison plutôt que par correspondance.  
La Fondation Paris Diderot, créée en 2011, accompagne ces projets en milieu carcéral. Depuis 2013, elle bénéficie du soutien d'un comité d'honneur "Prison Education", présidé par Robert Badinter.
Le Centre Pénitentiaire Sud-Francilien est un établissement de près de 800 places où cohabitent des hommes et des femmes sous plusieurs régimes de détention. L'accompagnement des détenus sur le chemin de la réinsertion, en particulier par la culture et le sport, figure parmi les objectifs affichés de cet établissement, soulignent les organisateurs.