"Un été en noir et blanc": le roman d’un plan fou pour libérer Mandela

Par @LaurenceHouot Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox
Mis à jour le 12/06/2013 à 00H09, publié le 08/06/2013 à 13H37
Couverture d'"Un été en blanc et noir" Frédéric Couderc

Couverture d'"Un été en blanc et noir" Frédéric Couderc

© Flammarion

Le dernier roman de Frédéric Couderc, "Un été en blanc et noir" (Flammarion) déroule son action à la fin des années 60 dans l’Afrique du Sud en plein Apartheid. Passion, suspense sur fond de Grande Histoire, ce livre en même temps que la France célèbre l’Afrique du Sud cette année, invite à se pencher sur l’histoire complexe de ce pays.

L'histoire : 1968, Marianne, jeune professeur de Lettres parisienne débarque en Afrique du Sud pour un semestre enseigner à l'UCT, l'Université du Cap. La jeune femme est d'abord éblouie par la beauté de ce paradis terrestre et excitée à l'idée de vivre une nouvelle expérience. Elle se lie d'amitié avec Denise, une avocate engagée auprès des habitants de "District Six", un quartier habité par les "coloured" et voué à la démolition pour être mis à la disposition des Blancs. Un accident de la circulation emporte son amie et Marianne découvre alors l'envers du décor de ce pays "policier", dominé par les Afrikaners et régenté par le régime odieux de l'Apartheid. Sa passion pour un jeune chirurgien afrikaner l'embarque dans une opération commando qui la conduit au cœur de Robben Island, dans la cellule de Nelson Mandela.

Avec Marianne, le lecteur se trouve plongé dans les années noires de l'histoire de l'Afrique du Sud. L'Apartheid est à son apogée, la toute puissance des Afrikaners est symbolisée par la première greffe du cœur opérée par le professeur Chris Barnard. En même temps, les années 60 et la décolonisation sont passées par là et un vent de liberté et de contestation commence à souffler sur le pays. Frédéric Couderc choisit de raconter cette histoire à travers le regard d'une femme occidentale, spectatrice outrée par ce qu'elle découvre d'un monde qui lui est totalement étranger. Dans ses échanges avec les "Afrikaners", les "Coloured", les "Noirs", elle pénètre, à la manière d'un reporter sur le terrain, les différentes facettes de la réalité sud-africaine, plus complexe qu'elle n'y paraît au premier abord.
 
L'auteur, qui connait bien Le Cap - il y vit une partie de l'année avec sa famille -  intègre avec habileté les faits et personnages réels dans son aventure romanesque, qui prend la forme d'un thriller haletant et qu'on imagine très bien en version cinéma. Ce roman est une belle invitation à découvrir l'histoire singulière de ce pays.

Mandela à l'honneur en France et bientôt un film sur son histoire

Une exposition sur l'icône de la lutte anti apartheid à l'hôtel de Ville de Paris ainsi que de nombreuses manifestations se déroulent dans le cadre de Saisons Afrique du Sud 2012 & 2013.

Un film inspiré du récit autobiographique de Nelson Mandela, "Un long chemin vers la liberté", devrait sortir également dans les salles en novembre, ont annoncé fin mai ses producteurs en Afrique du Sud. Le biopic retrace les mémoires du grand leader sud-africain dans lesquelles il raconte son enfance, sa carrière, ses luttes, ses années de prison, et sa libération qui l'ont conduit à son élection à la présidence, la première d'un Noir dans l'Afrique du Sud post-apartheid. Le film, dans lequel plusieurs acteurs sud-africains ont décroché des rôles, a été tourné dans différents points au Cap oriental, la province où est né Mandela, à Johannesburg et au Cap.

Nelson Mandela vit aujourd'hui complètement retiré de la vie politique et les dernières images diffusées de lui remontent à août 2012, quand la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton était allée lui rendre visite dans son village de Qunu (sud). Agé de presque 95 ans, Nelson Mandela a de nouveau été hospitalisé pour des problèmes respiratoires.

Un été en blanc et noir Frédéric Couderc (Flammarion - 313 pages - 20 euros)

Extrait
Mandela se tourna vers nous dans un nouveau sursaut d'énergie.
- Maintenant l'heure tourne, expliqua-t-il posément. Je suis optimiste, fondamentalement, nous gagnerons notre combat. Je ne finirai pas ma vie en prison. Ils ne réussiront pas à m'abattre. Nous nous retrouverons. Soyez très, très prudent.
Il s'avança d'un pas et me prit dans ses bras. Blottie contre sa poitrine, je sentis sa paume qui balayait chastement mes cheveux. Il s'empressa également de sourire, remuant doucement la tête. Les reflets du soleil jouaient sur ses lèvres et le forçaient à plisser les yeux. Je lui trouvai un air malicieux, presque enfantin. Victor fasciné, muet, restait à nous regarder. À un moment, je sentis sa main prendre la mienne et l'entendis murmurer : "Viens".



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