Les Brillants, Les salauds devront payer, Le nom du père : nos trois recommandations de polars pour les vacances

Par @AnneBrigaudeau
Mis à jour le 15/02/2016 à 11H29, publié le 15/02/2016 à 11H02
L'auteur français de romans noirs Olivier Truc présente son livre à des détenus le 29 mars 2013.

L'auteur français de romans noirs Olivier Truc présente son livre à des détenus le 29 mars 2013.

© JEFF PACHOUD / AFP

Ombrés de fantastique, noircis à la critique sociale, ou aspirés vers un futur de cauchemar, un petit bouquet de thrillers à consommer glacés. Un assortiment de suspense nordiste (Emmanuel Grand), suisse (Sébastien Meier), ou nord-américain (Marcus Sakey), que nous avons testé et approuvé, terreur et plaisir mêlés.

Les vacances s'annoncent et vous êtes en mal de livres addictifs ?  Voilà de quoi y remédier avec ce trio de romans noirs efficaces offrant, à vue de nez, plus de mille pages et un bon kilo de suspense sur la balance. 

1. Les Brillants (1 et 2), de Marcus Sakey, dans une Amérique en état d'urgence

Le premier tome ne se lâchait pas, le second suit le même tempo. Le héros, l'ex-agent secret Nick Cooper, est un "Brillant", cette élite - 1% de la population- aux dons exceptionnels, qui inquiète les "normaux". Trois grandes villes américaines sont soudain plongées dans le chaos, incendiées, privées de vivres, et d'électricité. Qui est à la manoeuvre, derrière le groupe "Les enfants de Darwin", qui revendique meurtres et mises à sac de Cleveland ? A la Maison-Blanche, l'heure n'est plus à l'enquête : les faucons exigent la rétention immédiate de tous les "Brillants", avec une puce électronique implantée dans le cou.  Tous surdoués ? Tous coupables. Le pays glisse vers la guerre civile, et la répression du terrorisme s'annonce aussi inquiétante que le fléau qu'elle combat, avec de multiples libertés passées à la trappe. De l'art de manipuler l'opinion publique, Marcus Sakey parle en orfèvre : avant d'écrire des best-sellers, il exerçait dans la communication et les sciences politiques. Aussi nerveux que le précédent, le tome II sort en grand format le 19 février, tandis que le tome I paraît simultanément en poche (Folio) à la veille des vacances.  Eliminez les importuns, ils vous gâcheraient les délices de ce "pageturner" tout en tension.

(Tome 1 en Folio Policier, tome 2 en Série Noire Gallimard, 20 euros, à paraître le 19 février)

2. Les salauds devront payer, d'Emmanuel Grand, dans un Nord miné par la crise

A Wollaing, petite ville du Nord ravagée par le chômage, la jeune Pauline Leroy, 17 ans, rêve de s'enfuir sous les tropiques. Le sort en décide autrement, et la gamine défoncée à la cocaïne est retrouvée assassinée. Ce meurtre, suivi de quelques autres, trouverait-il ses racines dans d'anciens conflits mal éteints ? L'usine métallurgique de la ville fournissait autrefois du travail à tous, même si la lutte y était sans merci, entre une maîtrise recrutée chez les anciens de l'Indo, de l'Algérie et de l'OAS, et les durs de la CGT. D'une plume acide, Emmanuel Grand dépeint un univers où règnent caïds de la drogue et prêteurs sans scrupules, sous le regard indifférent des notables. Activement traqués par la lieutenant Saliha Bouazem et le commandant Eric Buchmeyer, le(s) coupable(s) seront débusqués au terme d'une enquête qui devra remonter de quelques décennies le fil du temps.  Un drame noir nappé de fantastique, par l'auteur remarqué de "Terminus Belz".

(Editions Liana Levi, 19 euros, 380 pages)

3. Le nom du père, Sébastien Meier, dans la Suisse du négoce

Vous préférez explorer la face sombre du négoce suisse, sur les rives du lac Léman ? Optez pour Le nom du père de Sébastien Meier. Le héros, Paul Bréguet, sort de prison. Soupçonné d'avoir tué un avocat, cet ancien inspecteur de police, après deux ans passés derrière les barreaux, est déterminer à enquêter sur le mystère qui entoure la mort de son ancien amant, Romain Baptiste. Ses investigations le mènent au coeur de scandales de corruption autour du marché du pétrole, qui transite par Genève ou Zurich. Quels secrets dissimule Beat Züflicker, veillard richissime qui fait chanter Bréguet,  du fond de sa Rolls Royce ? Du Lausanne des boîtes gays au Genève des banques, le roman initie le lecteur aux subtilités de transactions jugé plus rémunératrices qu'un secret bancaire mis à mal par la justice américaine. A déguster avec une plaquette de chocolat suisse, autre brillante transformation de matières premières importées par nos voisins helvètes.

(éditions Zoe, 19 euros, 400 pages)