Sorj Chalandon, Grand prix du roman de l'Académie française

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 13H39, publié le 27/10/2011 à 16H53
Sorj Chalandon le 29 juillet 2009 à Paris

Sorj Chalandon le 29 juillet 2009 à Paris

© Bertrand Guay / AFP

L'écrivain et journaliste s'est vu décerner jeudi le Grand prix du roman de l'Académie française, pour son livre "Retour à Killybegs" (Grasset), un ouvrage qui parle de l'Irlande du Nord et de la douleur de la trahison.

Sorj Chalandon, également finaliste du Goncourt et l'Interallié, a été désigné "au premier tour de scrutin, par 13 voix sur 20", a annoncé Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l'Académie française. Cette première récompense ouvre la saison des grands prix littéraires d'automne. Laurence Cossé, avec "Les amandes amères" (Gallimard), a obtenu quatre voix et Jean Rolin, avec "Le ravissement de Britney Spears" (P.O.L), en a totalisé deux. L'un des jurés a voté blanc.

Sorj Chalandon, né le 16 mai 1952, journaliste au quotidien "Libération" pendant 34 ans (de 1973 à février 2007), a rejoint par la suite le "Canard enchaîné". Parallèlement à sa carrière de journaliste, il a publié cinq romans.

Si le reporter Sorj Chalandon a couvert de nombreux conflits, c'est à Belfast, dans les années 1970, qu'il a découvert la guerre, à seulement une heure et demie d'avion de Paris. Il a développé un grand attachement pour l'Irlande du Nord, son peuple et sa langue. Il a adhéré au combat des Irlandais contre la domination britannique. "Aujourd'hui, les prisonniers de l'IRA sont devenus immortels", a-t-il déclaré à l'AFP jeudi 27 octobre.

Sorj Chalandon a reçu le Prix Albert Londres en 1988 pour ses reportages sur Belfast et le procès Barbie, ainsi que le Prix Médicis en 2006 pour son deuxième roman "Une Promesse", après "Le Petit Bonzi", souvenirs de son enfance lyonnaise.

Tyrone Meehan, anti-héros récurrent
Son troisième roman, "Mon traître", est paru en 2008. Chalandon y évoque la trahison de son ami Denis Donaldson, figure emblématique de l'IRA. Dans le livre, il le rebaptise Tyrone Meehan.

C'est encore lui, Meehan, le héros de "Retour à Killybegs". Il est devenu cette fois le narrateur de sa propre histoire. L'auteur l'a fait revenir, vieillard traqué, dans la maison de son enfance. Il relate une jeunesse difficile, comment la famille quitte la République d'Irlande pour Belfast, l'entrée dans l'IRA à 16 ans, son image de héros aux yeux des siens. Un jour, il tue par erreur l'un de ses frères d'armes et ne dit rien à personne. Mais les services britanniques le savent. Il commencent à le faire chanter. Tyrone devient un agent double.

Le roman de Chalandon évoque les ultimes jours de Meehan à Killybegs, ses années au sein de l'IRA, les grèves de la faim des prisonniers irlandais, ainsi que le processus de paix.