"Si c'était à refaire", Marc Levy referait tout à l'identique

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 09/04/2012 à 11H30
Marc Levy, new-yorkais d'adoption, publie son treizième roman.

Marc Levy, new-yorkais d'adoption, publie son treizième roman.

© Emmanuel Dunand / AFP

Souvent considéré comme auteur de "romans de plage", Marc Levy assume tout : son treizième ouvrage "Si c'était à refaire" paru le 29 mars 2012, tout comme son succès planétaire qui lui vaut 25 millions de lecteurs dans 45 pays. Moins d'un an après "L'étrange voyage de M. Daldry," l'ancien entrepreneur, aujourd'hui romancier installé à New York, revient avec un "thriller politico-journalistique" comme il le décrit lui-même qui a pour héros, un journaliste du "New York Times". Ce récit à la mécanique bien huilée nous fait passer sans précaution aucune, du drame des enfants chinois kidnappés pour l’adoption aux exactions commises par la dictature argentine.

 

Sa carrière de romancier à succès, Marc Levy ne l'a pas vraiment choisie. Né en 1961 dans les Hauts-de-Seine, le jeune homme décide à 18 ans, de s'engager comme secouriste à la Croix-Rouge. Il y reste six ans tout en entamant des études de gestion. Alors qu'il est en deuxième année, il crée avec deux copains, une petite société informatique Logitec France, puis en 1983 part pour San Francisco où il fonde une entreprise spécialisée dans les images de synthèse.

Entrepreneur dans l'informatique puis romancier

Sept ans plus tard, l'entrepreneur est de retour à Paris et monte avec deux amis une petite compagnie de travaux de finition. En quelques années, elle devient l'un des premiers architectes de bureaux en France. Marc Levy a alors 37 ans, il est père d'un petit Louis auquel il raconte tous les soirs, une histoire qu'il invente et qu'il met sur papier le lendemain. Un conte moderne prend forme. Sa soeur, scénariste, lit le manuscrit et insiste pour qu'il l'envoie à un éditeur. L'auteur se laisse convaincre et les Editions Robert Laffont ne laissent pas passer son récit. Il s'intitule "Et si c'était vrai", une comédie romantico-fantastique où une jeune femme dans le coma installe son double dans le placard de la salle de bains de son ancien appartement. Seul son nouvel occupant peut la voir. Publié en 2000, l'ouvrage reste pendant un an en tête des meilleures ventes. Steven Spielberg rachète pour deux millions de dollars les droits du roman et en fait une adaptation pour le cinéma sortie en 2005 avec Reese Witherspoon et Mark Ruffalo.

Best-sellers en série

Marc Levy abandonne alors, la direction de son cabinet d'architecte pour se consacrer entièrement à l'écriture. Bien lui en a pris, il écoulera jamais moins de 500 000 exemplaires par ouvrage. Ses publications : "Où es-tu?" (2001), "Sept jours pour une éternité" (2003), "La prochaine fois" (2004), "Vous revoir" (2005), "Mes amis, mes amours" (2006), "Les enfants de la liberté" (2007), "Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites" (2008), "Le premier jour" (2009), "La première nuit" (2010), "Le voleur d'ombres" (2010), "L'étrange voyage de Monsieur Daldry" (2011). Son dernier livre publié le 29 mars 2012 "Et si c'était à refaire" est déjà un succès.

 

Quinquagénaire et marié depuis huit ans à Pauline, Marc Levy vit aujourd'hui à New York, une ville qui le passionne par sa diversité culturelle. Il se soumet à un rythme de création particulièrement soutenu : chaque année, quatre mois sur douze, il se coupe du monde et s'immerge totalement dans la genèse de son récit pour devenir le personnage de son livre.

L'écrivain est l'un des plus lus en France, mais aussi à l'étranger. Il a vendu plus de 20 millions d'ouvrages à travers le monde. Des oeuvres qui pour certaines, ont été adaptées au cinéma, à la télévision et même en bande dessinée comme "Sept jours pour une éternité" publié en deux tomes chez Casterman et signé du duo Espé - Corbeyran.

Le treizième roman de Marc Levy.

Le treizième roman de Marc Levy.

© Robert Laffont

Nègre ou pas nègre ?

Malgré ce succès, Marc Levy est aussi l'un des écrivains les plus ignorés par la critique. Un constat qui l'indiffère. Il n'a que faire de ce surnom attribué par certains, de "Bruel de la littérature" tant ses lectrices sont nombreuses. De même qu'à ceux qui estiment qu'il aurait recours à un nègre, il répond régulièrement : "j'ai la conscience tranquille, et puis si je n’écrivais pas mes livres, je prendrais quelqu’un qui écrit beaucoup mieux que moi !"

L'auteur qui écrit aussi des chansons (notamment pour Jenifer, Grégory Lemarchal et Johnny Hallyday) s'emploie à chacun de ses ouvrages, à "mettre ces héros face à une situation plus forte qu'eux pour qu'ils cassent leur enveloppe." Quant à son écriture décriée parfois pour sa simplicité, l'homme rétorque : "Ce qui m’importe, c’est de faire des phrases et des dialogues justes, de coller à la réalité," confie-t-il, "Bien sûr, il y a des auteurs qui m’éblouissent par leur style, je les lis comme une invitation à progresser."