Rushdie à la foire du livre de Francfort : l'Iran menace de boycotter

Par @Culturebox
Publié le 05/10/2015 à 15H02
Présence de l'écrivain Salman Rushdie à la foire de Franckfort : l'Iran proteste

Présence de l'écrivain Salman Rushdie à la foire de Franckfort : l'Iran proteste

© Dennis Van Tine/Geisler-Fotopres / Geisler-Fotopress / Picture-Alliance/AFP

Le vice-ministre iranien de la Culture a critiqué lundi la présence de l'écrivain britannique Salman Rushdie à la foire du livre de Francfort (Allemagne) et indiqué que l'Iran pourrait la boycotter, selon l'agence Isna.

"Lorsque nous avons appris la présence de Salman Rushdie à la foire du livre de Francfort, nous avons envoyé une lettre de protestation et demandé aux autres pays musulmans d'en faire de même", a déclaré le vice-ministre Abbas Salehi, cité par Isna.

"Au cours des prochains jours, nous essayerons de convaincre les responsables de la foire de changer d'avis (...) sinon nous envisagerons sérieusement de ne pas y participer", a ajouté M. Salehi à propos d'une des plus importantes foires du livre au monde, prévue du 14 au 18 octobre.

"Les responsables ont choisi pour thème la liberté d'expression mais ont invité quelqu'un qui a insulté nos croyances (...). Les offenses de Salman Rushdie et de certains caricaturistes sont une violation de la liberté d'expression", a-t-il dit en référence aux caricatures du prophète Mahomet.

"Fatwa toujours valide"

En février 1989, une fatwa (décret islamique) de mort avait été émise par l'imam Khomeiny, fondateur de la République islamique d'Iran, contre Salman Rushdie, écrivain britannique d'origine indienne âgé aujourd'hui de 68 ans pour son livre 'Les versets sataniques' jugé blasphématoire.

Le gouvernement du président réformateur Mohammad Khatami s'était engagé en 1998 à ce que l'Iran n'applique pas ce décret qui avait poussé l'écrivain à se cacher pendant une dizaine d'années. Mais le guide suprême d'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, successeur de Khomeiny, avait réaffirmé en 2005 que Salman Rushdie était un apostat pouvant être tué impunément.

En 2007, le gouvernement du président conservateur Mahmoud Ahmadinejad avait déclaré la "fatwa toujours valide".