Rentrée littéraire : Christophe Carlier, naissance d'un romancier

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 10/07/2012 à 17H05
Christophe Carlier

Christophe Carlier

© Raphaël Gaillarde

A peine 69 premiers romans français à la rentrée littéraire 2012, chiffre le plus faible depuis dix ans. Frileux, les éditeurs ont limité les risques. L'un des heureux élus, Christophe Carlier, publie une fiction virevoltante qui tient de l'Agatha Christie, du théâtre et de la peinture de moeurs. Rencontre avec l'auteur de "L'assassin a la pomme verte", joli titre clin d'oeil à un tableau de Magritte.

Rendez-vous parisien était pris, début juillet, sous les arcades du Nemours, café voisin de la Comédie-Française et de la place du Palais-Royal, avec Christophe Carlier.

Il fait partie des 69 heureux élus - nombre le plus bas depuis 2001- qui publient à la rentrée leur premier roman. Le sien s'intitule "L'Assassin à la pomme verte" (Serge Safran), hommage à un tableau du peintre surréaliste belge René Magritte.

Rien de l'angoissé attendu dans ce rédacteur de débats à l'Assemblée nationale reprenant le travail - session extraordinaire oblige, mais un charmant jeune homme de cinquante ans en chemise blanche, lumineux et détendu, de retour d'Espagne. 

Ballet dans un hôtel de luxe autour d'un homme assassiné

D'où lui est venue l'idée de l'intrigue, ballet dans un hôtel de luxe autour d"un homme assassiné, avec successions de monologues et dialogues entre ceux -clients, salariés ...et assassin- qui ont brièvement croisé la victime ? Comment a-t-il construit ces liaisons improbables entre des inconnus, dans un lieu de passage ?

"Ce qui m'intéressait, c'est cette complicité avec des gens à qui on n'a pas parlé", dit l'écrivain, qui se dit fasciné par les hôtels, ces lieux où "les gens regardent leur vie d'un air un peu stupéfait" et peuvent "s'amuser à rebattre les cartes de leur existence".

Il avoue avoir été poussée par une amie romancière, Mercedes De Ambrosis, à qui il dédie le livre, à exploiter ce noyau d'une première fiction jamais publiée.

Une fois l'histoire écrite - près de deux cents pages alertes déclinant sur sept jours et autant de chapitres (lundi, mardi ..) ce qui peut se lire comme un roman policier, restait à trouver un éditeur. Le co-fondateur de Zulma, Serge Safran, a accepté de le publier dans la petite maison qui porte son nom, en exigeant un accord avant mars.

Le tableau de Magritte ayant inspiré le titre du roman de Christophe Carlier

Le tableau de Magritte ayant inspiré le titre du roman de Christophe Carlier

© AFP

Tout s'est enchaîné très vite : relecture des épreuves avec peu de corrections, résumé du livre pour la quatrième de couverture, envoi aux amis, aux proches et à quelques écrivains, dont Amélie Nothomb.

Christophe Carlier est encore émerveillé d'avoir reçu d'elle une prompte réponse  toute de gentillesse,"avec ce mélange d'intelligence et de surprise en partie affectée" qui caractérise la reine des best-sellers.

Conséquence de ce livre bouclé très tôt et envoyé très vite à la presse : avant l'avalanche de la rentrée, il a pu être lu dès la fin du printemps par quelques journalistes intrigués par son titre acide, son écriture légère et son intrigue policière, avec les premiers retours positifs.

Ce qu'il attend ? "Pouvoir en écrire un autre"

Plus que six semaines à tenir avant la sortie en librairie, le 23 août. Qu'attend-il de ce premier roman ?  "La possibilité d'en faire un autre", qui porterait sur... une entreprise d'immobilier de bureau pour entreprises étrangères. Les lieux de passage, encore et toujours.

Avant "L'Assassin à la pomme verte", Christophe Carlier avait publié d'autres livres, des essais, dont une anthologie de "Lettres à l'Académie française".

Il y avait rassemblé sur quatre siècles des lettres d'écrivains, dont celles d'Honoré de Balzac, Charles Baudelaire ou Alexandre Dumas, désireux d'entrer dans le vénérable institut. De quoi connaître ses classiques, au cas où...