Mort de Michèle Manceaux, écrivaine et journaliste

Par @Culturebox
Publié le 01/04/2015 à 09H57
Michèle Manceaux dans un portrait du studio Harcourt en 2007

Michèle Manceaux dans un portrait du studio Harcourt en 2007

© Studio Harcourt / AFP

L'écrivaine et journaliste Michèle Manceaux, engagée à gauche et féministe, est décédée mardi à l'hôpital Cochin à Paris des suites d'une infection pulmonaire, a annoncé sa famille. Elle avait 82 ans.

Michèle Manceaux a été l'une des signataires du "Manifeste des 343 Salopes" pour la légalisation de l'avortement, en 1971. Elle était également une militante en faveur de l'indépendance algérienne. Plus tard, aux côtés de la gauche de Mai 68, elle a soutenu la cause palestinienne, elle qui était d'origine juive, notamment dans le livre "Histoire d'un adjectif" (2002), dont Jean Lacouture avait salué "la richesse".

"Elle écrit comme elle vit : elle court, elle court"

"Elle écrit comme elle vit : elle court, elle court", disait d'elle Françoise Giroud, qui avait été sa rédactrice en chef à l'hebdomadaire L'Express, ainsi que son mentor. "Elle a fait partie des années héroïques de L'Express, c'était une journaliste très emblématique des combats du journal à cette époque puisqu'elle était fortement engagée pour la cause des femmes, sur l'avortement, sur l'égalité homme-femme. Elle était aussi très proche des milieux littéraires dans le sillage de Françoise Giroud", a déclaré à l'AFP Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire.

Née le 17 février 1933 à Paris, Michèle Manceaux avait débuté sa carrière à L'Express peu après la fondation du magazine dans les années 50. Puis, au début des années 70, elle avait été reporter au Nouvel Observateur. Elle a également été éditorialiste pour la revue féminine Marie Claire de 1978 à 2008.

Écrivaine voyageuse

Écrivaine et grande voyageuse, elle est l'auteur de 24 récits et romans, dont "Grand Reportage" (1980), portant sur la dépression, un tabou à l'époque. Avec "Anonymus" (1983), elle avait obtenu le Prix de l'Académie française. Avaient suivi "Le fils de mon fils" (1994) et "L'Amie" (1997), où elle partageait ses moments d'amitié avec Marguerite Duras, sa voisine dans le village de Neauphle-le-Château, près de Paris.

En 2010, Michèle Manceaux avait publié "La dernière à gauche en montant", portrait émouvant de cette maison de Neauphle et des amis qu'elle y avaient accueillis au fil des années. Elle a longtemps été l'une des personnalités de l'île de Ré, où elle avait acquis une maison de vacances.