Mort de l'écrivain israélien Yoram Kaniuk, militant de la laïcité

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/06/2013 à 09H42, publié le 10/06/2013 à 09H18
Le 16 décembre 1997, à Paris, Yoram Kaniuk (à droite) recevait des mains de Laurent Fabius, alors président de l'Assemblée nationale, le prix littéraire des Droits de l'Homme, qu'il partageait avec l'écrivain palestinien Emile Habibi, disparu un an plus tôt.

Le 16 décembre 1997, à Paris, Yoram Kaniuk (à droite) recevait des mains de Laurent Fabius, alors président de l'Assemblée nationale, le prix littéraire des Droits de l'Homme, qu'il partageait avec l'écrivain palestinien Emile Habibi, disparu un an plus tôt.

© Jack Guez / AFP

L'écrivain et journaliste israélien Yoram Kaniuk, un des auteurs majeurs de la littérature israélienne, est mort samedi à 83 ans à Tel-Aviv, des suites d'un cancer, a indiqué une source hospitalière dimanche.

Kaniuk a produit une oeuvre riche, dont près de 20 romans, la plupart traduits et publiés à l'étranger, en France notamment. Sa notoriété était internationale.

Parmi ses livres les plus marquants, figurent "Encore une histoire d'amour" et "Le dernier Juif", ainsi que "1948", un récit autobiographique de la guerre d'indépendance d'Israël, et "La terre des deux promesses", un essai co-écrit avec le grand écrivain arabe israélien Émile Habibi.

Né le 2 mai 1930 à Tel-Aviv, Kaniuk avait rejoint très jeune le Palmach, milice paramilitaire sioniste qui devait ensuite se fondre dans la nouvelle armée de l'Etat d'Israël.

Yoram Kaniuk était également un peintre renommé. Il a vécu à Paris puis, dans les années 50, à New York, où il fréquenta beaucoup la scène jazz locale.

Homme de gauche et combattant inlassable de la laïcité
Homme de gauche, militant de la paix, il s'est aussi fait connaître par son combat sans relâche en faveur de la séparation de l'Etat et de la religion.

En octobre 2011, il avait obtenu d'un tribunal israélien de figurer comme "sans religion" et non plus comme appartenant à la "religion juive" sur les registres d'état-civil, une décision considérée comme historique. Dans un roman paru la même année chez Fayard, "A la vie, à la mort", Kaniuk faisait le récit de semaines qu'il avait passées dans le coma.

Yoram Kaniuk a décidé de léguer son corps à la science, ce qui signifie qu'il n'aura pas de funérailles, a précisé le porte-parole de l'hôpital Ichilov de Tel-Aviv, où il s'est éteint.

Dimanche, Yoram Kaniuk a reçu dimanche du président Shimon Peres, qui a qualifié sa mort de "grande perte pour la littérature, la culture et l'âme israéliennes".