Mort de l'écrivain égyptien Gamal al-Ghitani

Par @Culturebox
Publié le 18/10/2015 à 14H52
Gamal al-Ghitani au Caire le 20 juillet 2013

Gamal al-Ghitani au Caire le 20 juillet 2013

© Khaled Desouki / AFP

Le célèbre écrivain égyptien Gamal al-Ghitani, auteur d'une oeuvre prolifique et disciple du prix Nobel de Littérature Naguib Mahfouz, est mort dimanche à l'âge de 70 ans après un long combat avec la maladie, a annoncé son épouse.

Tour à tour reporter de guerre, critique littéraire et écrivain, Gamal al-Ghitani était dans le coma depuis plus de trois mois après avoir été interné dans un hôpital militaire du Caire pour des problèmes respiratoires.

"Il est mort ce matin", a indiqué dimanche à la presse son épouse, Magda el-Gendi. Les funérailles doivent se tenir plus tard dans la journée dans une mosquée historique de la capitale, selon la presse d'État.

Dessinateur, reporter, écrivain

Né le 9 mai 1945 au sein d'une famille pauvre dans un village du sud de l'Égypte, Gamal al-Ghitani a passé son enfance dans le quartier historique du vieux Caire islamique. Dessinateur de tapis à 17 ans, il se lance dans une carrière littéraire, encouragé par le maître du roman arabe moderne Naguib Mahfouz, qui le prend sous son aile.

Parallèlement, il poursuit une carrière de journalisme. Reporter de guerre, il couvre la guerre israélo-arabe de 1973 depuis le front. En 1993, il prend la tête de la naissante revue littéraire Akhbar al-Adab, qui, sous sa direction jusqu'en 2011, deviendra l'une des plus prestigieuses du pays.

Nommé en 1987 chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres par la France, Gamal al-Ghitani est l'auteur d'une œuvre prolifique, traduite en plusieurs langues, notamment en français, anglais et allemand. En 2015, il est lauréat du prix du Nil pour la littérature, la plus importante récompense littéraire décernée par le gouvernement égyptien.

Critique du régime de Nasser

Emprisonné durant quelques mois sous le président Gamal Abdel Nasser, il écrira par la suite son roman le plus célèbre, "Zayni Barakat", une critique virulente de l'autoritarisme du régime nassérien. Une autre de ses œuvres, "Le livre des illuminations", est décrite comme une "autobiographie poignante", un "conte polyphonique explorant les méandres de l'âme égyptienne" par la maison d'édition française du Seuil.

Opposant farouche aux mouvements islamistes, Gamal al-Ghitani n'a jamais caché son soutien à l'armée, qui joue depuis des décennies un rôle-clé dans la vie politique du pays. Dans un communiqué, le Premier ministre Chérif Ismaïl a salué "son style littéraire unique", soulignant que l'écrivain avait contribué à "faire revivre les histoires du patrimoine arabe".