Mort de Claude Ollier, écrivain du Nouveau Roman et premier Prix Médicis en 1958

Par @LaurenceHouot Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox
Publié le 22/10/2014 à 10H26
Claude Ollier en 1958

Claude Ollier en 1958

© COLLECTION ROGER-VIOLLET / ROGER-VIOLLET

L'écrivain Claude Ollier, Premier Prix Médicis en 1958, est mort à Paris à l'âge de 91 ans, a annoncé la maison d'édition P.O.L. sur son site internet.

Claude Ollier, auteur de "La mise en scène" (Editions de Minuit, 1958), associé à la fin des années 50 au Nouveau Roman, est mort à l'âge de 91 ans, a annoncé sa maison d'édition P.O.L. sur son site internet.

Né à Paris en 1922, Claude Ollier "passe le bac philo à Montluçon, à bicyclette, l’armée allemande à ses trousses", relève la fiche biographique du site de P.O.L, son éditeur. Il fait ensuite des études de Droit et passe par H.E.C.

Entre 1943 et 1944, enrôlé par le Service du travail obligatoire, il travaille dans une usine à Nuremberg. Il y tient un journal qui sera perdu dans les bombardements de la ville. Il s'enfuit et tente de passer en Suisse, mais est rattrapé près du lac de Constance. Après la guerre, il termine ses études à H.E.C. et travaille dans les assurances, fréquente les galeries, les concerts, la cinémathèque française et s'essaye à l'écriture.

En 1947, il participe au Congrès mondial de la Jeunesse démocratique à Prague et à la construction d’une ligne de chemin de fer en Bulgarie. En 1950, il devient fonctionnaire au Maroc. Il tient à nouveau un journal et écrit "de petits récits presque aboutis".

Premier roman, premier prix Médicis

Il rentre à Paris en 1955 pour écrire et publie "La Mise en scène" aux Éditions de Minuit, couronné par le prix Médicis qui vient d’être créé. Il fait alors partie du mouvement littéraire du Nouveau Roman (dont il s'éloignera ensuite) et se consacre à l’écriture.
Dans les années 50 il fait de nombreux voyages, en Afrique à nouveau, puis aux Etats-Unis où il séjourne 6 mois, invité par la Fondation Ford en compagnie de Fernando Arrabal, Robert Pinget, Hugo Claus, Italo Calvino, Charles Tomlinson et Matti Meged. Il traverse le pays puis visite le Mexique et Cuba. Ses nombreux voyages nourrissent ses récits.

L'un des derniers auteurs du Nouveau Roman

En 1960, son livre "Le Maintien de l’ordre", refusé par Minuit, est publié chez Gallimard. En 1979, "Marrakch Médine" remporte en 1979 le prix France Culture.

Claude Ollier a écrit également des œuvres radiophoniques, comme "La Mort du personnage" en 1964, pour Radio-Stuttgart, pour qui il écrira de nombreuses pièces par la suite. En 1965 il écrit pour l’ORTF "L’Attentat en direct" (prix de la RAI 1969), puis "Régression", à la demande de Michel Foucault.

En 1995, "Outback ou l’Arrière-monde", refusé par Flammarion, est publié chez P.O.L., qui devient son éditeur, chez qui il a publié par la suite une vingtaine d'ouvrages, dont ces quatre récits d'inspiration mythologique, "Wanderlust et les Oxycèdres" (2000), "Préhistoire" (2001), "Qatastrophe" (2004) et "Wert et la fin sans fin" (2007).

Infatigable voyageur, Claude Ollier laisse une oeuvre composée d'une cinquantaine de livres. Il était le dernier auteur vivant figurant sur la photographie prise par Mario Dondero en 1959 rue Bernard Palissy devant les Editions de Minuit de l'équipe du Nouveau Roman.