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Mo Yan, entre critique et fidélité au pouvoir

Publié le 12/10/2012 à 10H52, mis à jour le 10/12/2012 à 15H16
Le Nobel de littérature Mo Yan dans un hôtel de Gaomi (est de la Chine), pour une conférence de presse (12 octobre 2012)

Le Nobel de littérature Mo Yan dans un hôtel de Gaomi (est de la Chine), pour une conférence de presse (12 octobre 2012)

© Ed Jones / AFP

Le prix Nobel de littérature chinois Mo Yan a déclaré vendredi qu’il espérait la remise en liberté prochaine du dissident et prix Nobel de la pais 2010 Liu Xiaobo. Certains reprochent à l’écrivain chinois d’être trop proche du régime de Pékin

"J'espère qu'il va pouvoir retrouver la liberté aussi vite que possible", a déclaré Mo Yan  depuis son village natal de Gaomi (est de la Chine) au sujet de Liu, qui purge depuis 2009 une peine de 11 ans de réclusion pour "subversion" après avoir corédigé un texte en faveur de l'instauration de la démocratie.

Le Nobel qui lui a été décerné jeudi à Stockholm « est un prix littéraire, pas un prix politique », a déclaré Mo Yan lors d’une conférence de presse. « Je pense que certaines remarques de Mao sur l’art était raisonnables », a-t-il ajouté, en référence à l’instauration par le fondateur du régime communiste chinois d’un contrôle des artistes par le Parti.

Un responsable de la propagande félicite l'écrivain
Le plus haut responsable chinois en charge de la propagande, Li Changchun, a félicité vendredi Mo Yan pour son prix Nobel de littérature, le premier attribué à un Chinois. Dans son message de félicitations, Li Changchun invite "les écrivains à placer le peuple au coeur de leurs préoccupations, à coller à la réalité, à la vie et aux masses".

Mo  Yan  fait l'objet de critiques de la part de dissidents chinois qui lui  reprochent de faire partie du système étatique et notamment d'avoir participé à  la commémoration en mai dernier du 70e anniversaire du discours prononcé par  Mao Tsé-toung sur l'art et la littérature à Yanan, dans lequel le fondateur de  la république populaire met les écrivains au service du Parti.

Mo Yan pense qu’un écrivain doit aborder les questions politiques et sociales. "Parce qu'un écrivain fait partie de la société, la vie qu'il décrit inclut la politique et toute une série de problèmes sociaux", a déclaré Mo Yan  à des  journalistes chinois jeudi soir après l'annonce du prix.

Mo Yan défend la critique
"Un écrivain qui s'intéresse à la société, auquel les souffrances des gens tiennent à coeur, doit évidemment être critique", poursuit Mo dans cette  interview postée sur le site internet du Dazhong Ribao, un quotidien de sa province natale du Shandong.

"La critique est une fonction importante de la littérature. Bien sûr la vérité, la bonté et la beauté comptent également", selon le prix Nobel âgé de 57 ans, qui est membre du Parti communiste et vice-président l'Association (officielle) des écrivains chinois.

Son dernier roman, « Grenouilles »,  critique la politique de l'enfant unique en Chine et les avortements  forcés ou les stérilisations qui l'ont accompagnée.

Un Nobel critiqué par les dissidents
Le dissident Wei Jingsheng a critiqué jeudi l’attribution du prix à Mo Yan depuis Washington, où il vit en exil. Tout en saluant son talent littéraire il a souligné que la Chine comptait d’autres écrivains de talent et estimé qu’il avait été choisi « parce qu’il serait toléré plus facilement par le régime communiste ».

Wei Jingsheng, 61 ans, considéré  comme le père de la dissidence, a purgé en  deux fois 18 années de prison en Chine avant d'être mis dans un avion pour les  Etats-Unis en 1997, officiellement pour raisons de santé. Il dirige une  fondation pour la démocratie qui porte son nom.