Michel Houellebecq lance une campagne politique inédite dans Lui

Par @Culturebox
Publié le 29/04/2014 à 20H00
Michel Houellebecq (28 avril 2014)

Michel Houellebecq (28 avril 2014)

© Marcial Guillen / EFE / SIPA

Michel Houellebecq se sent "extrêmement mal en France" et "peaufine un projet de nouvelle Constitution" basée sur la démocratie directe, confie l'écrivain dans le magazine Lui à paraître mercredi.

"Il est assez inhabituel de lancer une campagne politique dans Lui, mais je ne dispose pas de beaucoup de relais d'opinion sérieux, et puis il faut changer les habitudes anciennes", explique Michel Houellebecq, "qui redoute une guerre civile".
 
Un projet de "nouvelle Constitution démocratique"
"Je me sens extrêmement mal en France. Il y a eu plusieurs tours de vis supplémentaires (...) C'est incroyable comme le gouvernement semble vouloir augmenter le malheur des gens, dans des proportions peut-être inédites", ajoute-t-il.
 
"Si l'on adopte pas mes mesures, on court à la catastrophe", dit Michel Houellebecq à Frédéric Beigbeder lors d'un long entretien.
 
"Je peaufine un projet de nouvelle Constitution démocratique. J'en ai parlé à (Nicolas) Sarkozy pour qui j'ai une réelle affection. Tout d'abord, je souhaite généraliser la démocratie directe en supprimant le Parlement", poursuit l'écrivain.
 
Un président à vie et révocable
"A mon avis, le président de la République doit être élu à vie, mais instantanément révocable sur simple référendum d'initiative populaire", ajoute Michel Houellebecq qui souhaite aussi des juges élus.
 
Dans le projet de l'écrivain, le budget de l'Etat est décidé par les citoyens "qui devront chaque année remplir une feuille avec des cases à cocher. Le peuple décidera ainsi quelle dépenses il juge prioritaires".
 
Pénaliser les clients des prostituées : une "saloperie"
Par ailleurs, l'écrivain qualifie de "saloperie pure et simple" le projet de loi pénalisant les clients de prostituées. "Elles adorent leur métier et empêcher ces filles d'exercer est une première saloperie considérable", dit-il.
 
L'auteur des "Particules élémentaires" confie qu'il ne connaît dans sa vie que "des bribes de bonheur", mais aimerait vivre 350 ans : "Il y a encore tellement de livres à lire !"