Le Goncourt du premier roman attribué à Joseph Andras à la surprise générale

Par @Culturebox
Mis à jour le 11/05/2016 à 11H49, publié le 09/05/2016 à 15H26
Joseph Andras, lauréat du Prix Goncourt du premier roman en 2016 pour "De nos frères blessés".

Joseph Andras, lauréat du Prix Goncourt du premier roman en 2016 pour "De nos frères blessés".

© S. Rezvan

Le Goncourt du premier roman a été attribué lundi à Joseph Andras, un jeune auteur engagé qui s'emploie à réhabiliter dans "De nos frères blessés", la figure du militant communiste et militant anticolonialiste Fernand Iveton, seul Européen exécuté durant la guerre d'Algérie. Par ailleurs, le Goncourt de la nouvelle a été remis à la romancière Marie-Hélène Lafon.

Un jeune auteur très discret à la maturité surprenante

Ce choix constitue une surprise dans la mesure où le jeune auteur qui vit  en Normandie et refuse de s'exposer dans les médias, ne figurait pas dans la liste établie le mois dernier par le jury de l'Académie Goncourt.
 
"C'est un premier roman mais en le lisant, on est surpris par sa maturité, sa tenue, son écriture, sa construction", a expliqué Philippe Claudel, membre du jury Goncourt. Le roman raconte "une histoire réelle, des faits vrais mais c'est la littérature qui nous la raconte", a ajouté Philippe Claudel. "C'est un grand livre avant d'être un grand premier livre".

Ce roman publié chez Actes Sud sort en librairie mercredi.

Reportage P. Latrouitte / M. Bellinghen / F. Hauville


L'an dernier, c'est l'écrivain algérien d'expression française Kamel Daoud qui avait reçu le prix Goncourt du premier roman pour "Meursault, contre-enquête" (Actes Sud).
"De nos frères blessés" de Joseph Andras © Actes Sud

Le Goncourt de la nouvelle à Marie-Hélène Lafon

Le Goncourt de la nouvelle a récompensé Marie-Hélène Lafon pour son recueil "Histoires" (Buchet Chastel). Fille d'exploitants agricoles du Cantal, agrégée de grammaire, Marie-Hélène Lafon, 52 ans, est l'auteure d'une dizaine de romans ou de recueils de nouvelles. Elle a reçu le prix à l'unanimité.
 
"Il y a des textes dont la modestie touche au sublime. "Histoires" appartient à cette bibliothèque là", a affirmé Eric-Emmanuel Schmitt qui a rejoint l'Académie Goncourt au début de l'année. Virginie Despentes, également nouveau membre du jury Goncourt, a salué l'oeuvre de Marie-Hélène Lafon qui "se sert de la langue des paysans pour écrire sur la France rurale".

"C'est d'une concision brutale", a-t-elle dit en louant le style de la romancière. "Cette France rurale que Marie-Hélène Lafon peint avec autant d'âpreté, pour beaucoup d'entre nous, c'est celle de nos parents et de nos enfances ni oubliée, ni si lointaine."
 
Le Goncourt de la poésie-Robert Sabatier a été attribué à l'association "Le printemps des poètes" représenté par Jean-Pierre Siméon.