La reine du polar britannique Ruth Rendell est décédée

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/05/2015 à 17H16, publié le 02/05/2015 à 14H30
L'écrivaine britannique Ruth Rendell en janvier 2015

L'écrivaine britannique Ruth Rendell en janvier 2015

© Zak Hussein/AP/SIPA

La romancière britannique de romans policiers et psychologiques Ruth Rendell est morte à l'âge de 85 ans, a annoncé samedi son éditeur Penguin Random House.

La romancière, qui avait plus de 60 titres à son actif et est traduite dans plus de 20 langues, avait subi une grave attaque cérébrale en janvier.

Après une carrière de journaliste dans la presse locale, l'écrivaine rédige deux romans qui ne sortiront pas de ses cartons. Sa première publication, "Un amour importun" date de 1964 et voit la première apparition du commissaire Reginald Wexford, qui reviendra dans nombre de ses romans, et seront adaptés et diffusés durant 13 ans à la télévision britannique.

Le crime reste l'épine dorsale de son œuvre, où elle traite des obsessions sexuelles, de la nature des assassins, des répercutions de malentendus et du hasard sur la vie de tout un chacun. Parmi ses romans relevant de cette veine plus psychologique : "L'Analphabète", "L'Homme à la tortue", "La Gueule du loup", "Son âme au diable", "Fausse route".

Elle utilisera le pseudonyme de Barbara Vine, à partir de 1986, toujours pour des romans dans une veine psychologique, consacrée aux répercutions des secrets familiaux sur les individus et des crimes. Quelques titres : "Le Tapis du roi Salomon", "L'Eté de Tapellune", ou "Le Journal d'Asia".

Adaptée par Pedro Almodovar, Claude Chabrol, Claude Miller et Pascal Thomas

Si Ruth Rendell est réputée pour ses polars aux personnages solides, et son approche psychologique, elle n'ignora pas non plus la dimension sociale, notamment féministe. Son crédo : plutôt que mener l'enquête pour découvrir le criminel, elle préfère décrypter le processus qui mène au crime.

Pedro Almodovar adapta son roman "Lhomme à la tortue" dans "En chair et en os", Claude Chabrol tournera "La Cérémonie" d'après "L'Analphabète", puis "La Demoiselle d'honneur", Claude Miller s'inspirant d'"Un enfant pour un autre" pour "Betty Fisher et autres histoires", et le récent "Valentin Valentin", signé Pascal Thomas, de "La Maison du lys tigré".

A la tête de quelque 70 romans, traduite, dans 26 langues, Ruth Rendell était la digne héritière de la grande dame du crime, Agatha Christie.Son dernier roman, "Une vie si convenable", est sorti en français fin janvier.

Ruth Rendell reçut de nombreux prix, était commandeur de l'ordre de l'Empire britannique, baronne de Babergh, et siégeait à la Chambre des Lords sous les couleurs travaillistes, à l'initiative de Tony Blair pour récompenser son engagement de quarante ans au sein du Parti.