L'attachante saga franco-russe de Béatrice Fontanel

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Mis à jour le 20/03/2014 à 13H16, publié le 20/03/2014 à 10H33
Béatrice Fontanel

Béatrice Fontanel

© Stock

A la veille de l'ouverture du salon du Livre, nous vous proposons "Plus noire avant l'aube", un livre sur les livres ou plutôt sur les amoureux des livres. Toute une famille unie par cette obsession, cette passion, appelez la comme vous voulez.


On a confié un jour à Béatrice Fontanel la correspondance de sa belle-famille, devinant - elle est notamment un excellent écrivain pour enfants - qu'elle en ferait bon usage. Cette correspondance la passionne, on la comprend.
                
Et la voilà plongeant dans cette dynastie de médecins parisiens d'origine russe, dominée par la figure imposante d'Olga, l'ancêtre.
 
Celle-ci s'échappe d'Odessa en 1904, à une époque où la Russie sombre dans les troubles qui mèneront à la chute des tsars.
 
Les excès et l'originalité profonde de l'âme russe

La jeune Olga, pressentant la catastrophe s'exile à Paris avec la volonté de vivre sa vie. Elle s'inscrit à la faculté de médecine, ce qui pour une jeune fille, même française, était révolutionnaire. Elle commence ainsi une dynastie de médecins, de plus en plus française, mais qui gardera les excès et l'originalité profonde de l'âme russe.
 
Olga rencontre l'amour en la personne d'un jeune interne, Victor Hartman, homme cultivé, bienveillant, patriote, qui s'improvisera chirurgien pendant la guerre de 14 et élèvera ses enfants comme un papa poule, ce qui était rarissime à l'époque. Et nous sommes qu'au début d'une histoire prenante, menée tambour battant et qui se prolonge jusqu'à aujourd'hui.
 
On évoquera simplement les destins des trois enfants d'Olga et Victor : André, Sonia et Gabrielle qui traversent la seconde guerre mondiale à la fois engagés et désinvoltes. Beaux portraits croisés, campés avec une élégante sobriété et beaucoup de justesse.
 
Ce qui réunit ces quatre générations, c'est bien la passion des livres. On vous laissera vous y plonger avec eux, mais pour vous mettre l'eau à la bouche, cette unique anecdote : Olga qui mourra assez jeune de la tuberculose, comme son cher Tchekhov, sera cependant enterrée avec "Le lys dans la vallée" de Balzac, qui était son livre de chevet.
 
 
"Plus noire avant l'aube" de Béatrice Fontanel
Roman Stock, 20,50 euros, 362 pages