Jean Hatzfeld lauréat du prix Mémoire Albert Cohen

Par @Culturebox
Publié le 12/04/2016 à 19H51
Le romancier Jean Hatzfeld.

Le romancier Jean Hatzfeld.

© Ulf Andersen/ Aurimages / AFP

Le journaliste et romancier Jean Hatzfeld a reçu mardi le prix Mémoire Albert-Cohen pour "Un papa de sang". Dans ce roman, il revient sur le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, et donne la parole à la jeune génération, celle des enfants de rescapés. Dont les fantômes hantent encore le quotidien.

Choisi à l'unanimité dès le premier tour

Le texte de Jean Hatzfeld, publié chez Gallimard, a été choisi au premier tour à l'unanimité du jury. Publié en août dernier, "Un papa de sang" est le cinquième livre de Jean Hatzfeld consacré au génocide rwandais.

L'auteur revient sur les collines de Nyamata vingt ans après le génocide et donne la parole, non plus aux tueurs et aux rescapés dont les récits peuplaient ses précédents livres, mais à leurs enfants.

Le génocide en héritage

Ils n'ont pas connu les machettes, mais ont grandi dans leur souvenir. Ils s'appellent Idelphonse, Fabiola, Immaculée, Fabrice, sont lycéens, couturiers ou agriculteurs. Ils partagent le génocide en héritage, mais pas du tout la même histoire familiale.

Dans ces familles décimées, certains ont grandi dans le silence et le mensonge, ont affronté les crachats sur le chemin de l'école, d'autres ont été confrontés aux troubles de comportement de leurs parents. Ils dansent ensemble, fréquentent les mêmes cafés internet, mais ne parviennent jamais à parler des fantômes qui ont hanté leur enfance.

Leurs récits à la première personne, au phrasé et au vocabulaire métaphorique si particuliers, se mêlent aux chroniques de la vie de tous les jours.

Le prix Mémoire Cohen

Le prix Mémoire Albert-Cohen, doté de 2.500 euros, récompense un roman écrit en français, interrogeant la figure de l'étranger, à l'instar de l'oeuvre littéraire et de l'héritage humaniste d'Albert Cohen, auteur notamment de "Belle du seigneur".

L'an dernier, le prix avait récompensé Pauline Dreyfus, pour son roman "Ce sont des choses qui arrivent" (Grasset).