"Je veux juste bavarder", dit l'écrivain Philip Roth dans une ultime interview

Par @Culturebox
Publié le 20/05/2014 à 10H52
Philip Roth chez lui, à Warren, dans le Connecticut, en 2005 

Philip Roth chez lui, à Warren, dans le Connecticut, en 2005 

© DOUGLAS HEALEY/AP/SIPA

Philip Roth, considéré comme l'un des plus brillants romanciers américains de sa génération, a accordé une dernière interview, diffusée ce 20 mai sur la chaîne britannique BBC, qui a diffusé lundi des extraits. Il a confirmé qu'il allait cesser d'écrire et se retirer de la scène publique pour "ne rien faire".

Dans un documentaire en deux parties dont la première sera diffusée ce 20 mai, l'écrivain de 80 ans déclare au journaliste Alan Yentob: "Il s'agit de ma dernière apparition à la télévision, vraiment ma dernière apparition publique où que ce soit".

"Arrivé au terminus", après une trentaine de romans

Philip Roth avait sidéré le monde de la littérature il y a 18 mois en annonçant au magazine français Les Inrockuptibles qu'il cessait d'écrire. "J'étais arrivé au terminus. Il n'y avait plus rien pour moi sur quoi écrire", a confié l'auteur de 31 livres en une cinquantaine d'années. A Culturebox, le journaliste Steven Sampson, grand spécialiste de Philip Roth, a esquissé les raisons de sa retraite. Son dernier roman, "Némésis", a été publié en 2010 aux Etats-Unis.

"Je me concentre sur la grande tâche qui consiste à ne rien faire. J'ai passé de très bons moments durant les trois ou quatre dernières années. Maintenant que je n'écris plus, je veux juste bavarder", a-t-il confié. 

Au cours des 53 ans d'une carrière qui l'a rendu célèbre dans le monde entier, l'écrivain a gagné de multiples récompenses: Pulitzer en 1998 pour  "Pastorale américaine", National Book Award en 1960 pour "Good bye, Columbus"  et en 1995 pour "le Théâtre de Sabbath".
Petit-fils d'immigrés juifs d'Europe de l'Est né dans le New Jersey près de New York, Philip Roth a écrit quelque 30 romans : récits provocateurs des moeurs de la petite bourgeoisie juive-américaine, satires politiques, réflexions sur le poids de l'Histoire, ou plus récemment sur le vieillissement, ses oeuvres sont souvent à la frontière entre autobiographie et fiction.

Il avait été révélé au grand public avec la parution en 1969 de "Portnoy et  son complexe", qui avait fait scandale. Son jeune héros y abordait sans détour face à son psychanalyste les affres de la masturbation et son rapport obsessionnel à sa mère, à l'Amérique et à la judéité.