Hakan Günday : "Les migrants, c'est la relation entre l'individu et la masse"

Par @Culturebox
Mis à jour le 16/09/2015 à 17H18, publié le 16/09/2015 à 17H09
Hakan Gunday à Nancy

Hakan Gunday à Nancy

© France Ô/ culturebox

Hakan Günday était à Nancy pour présenter au Livre sur la place son dernier roman : "Encore" (Galaade éditions). Il met en scène Gazâ un enfant de 9 ans passeur et fils de passeur de clandestins. Un roman assez dérangeant qui résonne fortement avec l'actualité.

"Encore", par Hakan Günday, traduit par Jean Descat (Galaade éditions) a pour narrateur Gazâ, un enfant de 9 ans, passeur et fils de passeur de clandestins entre la Turquie et la Grèce. Il est au centre d’un triangle dont les deux autres composantes sont le père, Ahad, et un dépôt, lieu où la marchandise humaine est stockée. Ce dépôt est le lieu où s’exerce le pouvoir de Gazâ, un nom qui signifie en turc « guerre ».

Le télescopage de ce roman prodigieux avec l’actualité renforce l’émotion du lecteur. Le point de vue d’un enfant dément (qui est le plus dément entre l’enfant et le monde qui l’entoure ?), ses tentatives à chaque fois avortées de se faire aimer par son père, les récits aux formes diverses contenus dans le récit principal, la marche vers l’abîme, tout contribue à rendre ce livre à la fois captivant et très dérangeant.

Demandez à Hakan Günday ce qu’évoque la photo du petit Aylan, cet enfant syrien échoué sur une plage de Bodrum en Turquie, au début du mois de septembre. Il vous répondra que jamais la fiction n’égalera en violence la réalité. Pourtant son roman allie violence et beauté. Il est dédié « À ceux qu’au nom des nations l’histoire des hommes enterre vivants dans les rues ».

Extrait (les premières lignes du roman)
Si mon père n’avait pas été un assassin, je ne serais pas né…
« C’était quinze jours avant ta naissance… Il y avait un bateau, je ne l’oublierai jamais, il s’appelait Swing Köpo… Le bateau d’un sale type nommé Rahim… Bon enfin, on a chargé la marchandise… Il y avait au moins quinze têtes. L’un des hommes était malade. Si tu avais vu comme il toussait ! Il était au bout du rouleau ! Il pouvait avoir 70 ans, peut-être 80… »
Si mon père n’avait pas été un assassin, je ne serais pas né…

Nous avons demandé à Hakan Günday comment lui est venue l'idée de prendre pour sujet des clandestins. 

"Encore", le roman d'Hakan Günday est sur la première liste du Médicis étranger


"Encore", Hakan Günday, traduit par Jean Descat (Galaade éditions) 24€