Françoise Hardy : un roman et un album pour chanter "L’amour fou"

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 31/10/2012 à 19H43
"L'amour fou", dernier album de Françoise Hardy s'accompagne de la sortie d'un roman du même nom

"L'amour fou", dernier album de Françoise Hardy s'accompagne de la sortie d'un roman du même nom

© BALTEL/SIPA

Quatre ans après son autobiographie "Le désespoir des singes" (Robert Laffont, 2008), qui avait fait grand succès, Françoise Hardy publie cette fois un roman, "L’amour fou", qui sort en même temps que son dernier album éponyme.

Après une autobiographie réussie, Françoise Hardy s’est cette fois aventurée dans l’écriture d’un roman, sans abandonner toutefois totalement sa propre histoire. Elle ne s’en cache pas, "L’amour fou" est inspiré de sa vie amoureuse, concentré d’amours vécues et de personnages masculins aimés.

Dès les premières pages du livre c’est dit, ça ne va pas être joyeux. Sa vie sentimentale est une répétition d’histoires dont le scénario ne varie guère. Une femme, peu sûre d’elle, tombe éperdument amoureuse d’un homme, qui lui en fait voir de toutes les couleurs.  La femme subit les humeurs de l’homme, tantôt tendre, tantôt glacial. La pauvre amoureuse ne vit plus qu’au rythme imposé par l’objet de sa passion, un pas en avant, un pas en arrière, entre joie sans retenue et désespoir non contenu.

L'enfer et le paradis

Dans ce roman, l’homme s’appelle "X." et la femme "Elle". Ils sont jeunes et beaux, ont en commun la grâce et l’élégance et aussi une forme de manque de confiance en soi, qui rend toute relation amoureuse condamnée d’avance à la souffrance.

Le récit est débarrassé de toute contingence extérieure, entièrement consacré à ce huis clos amoureux. Un homme et une femme, seuls au monde, où sont à peine évoquées les autres amours de "X.", ou la vie qui va.

Si le livre est un roman, on se demande pourquoi Françoise Hardy n’a pas donné de nom à "X." ni à "Elle". On se demande aussi pourquoi vers la fin du livre, "X." se transforme en "tu" et "Elle" en "je". On se réjouit  seulement que le style s’en trouve miraculeusement allégé.

Ce jeu de "Je t’aime moi non plus" est entrelardé d’analyses psychologiques, hélas inopérantes sur le déroulement malheureux des événements. De dénouement il n’y en a pas, les amoureux étant éternellement condamnés à souffrir. Rien à voir donc, avec "L’amour fou" de Breton, qui était au contraire une invitation au bonheur à deux.

Que faire ? Ecouter le prometteur dernier album de Françoise Hardy, dont des extraits circulent déjà un peu partout sur la toile, et se consoler de ce roman un peu maladroit, en se disant que toute cette souffrance n’aura finalement pas servi à rien.

 

L'amour fou, de Françoise Hardy (Albin Michel)
182 pages, 16,50 euros

L'amour fou, l'album (EMI Music France)
10 titres, en collaboration avec Thierry Stremler, Julien Doré, Benoît Carré, Bertrand Pierre.
Dans les bacs le 5 novembre

[ EXTRAIT]

"C’était moins l’apparence physique de X. qui l’attirait pourtant, que la qualité particulière de sa lumière. Une lumière douce, discrète, qui diffusait sans aveugler, bien qu’incertaine encore, comme la flamme vacillante que le moindre souffle peut soit renvoyer à l’ombre dont elle émerge à peine, soit renforcer. Il avait dû naître à l’aube ou au crépuscule, non en plein midi. Dans quel terrain vague? Fruit de quels hasards ? Il paraissait sans racines, aussi peu concerné par lui-même que par les autres, entre incarnation et évanescence, mouvement et immobilité. Il ne fallait pas s’en approcher trop près, ni s ‘en éloigner trop loin, pour qu’il ne parte pas en fumée…"