Erri De Lucca relaxé à son procès pour "incitation au sabotage" du chantier du tunnel Lyon-Turin

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/10/2015 à 17H32, publié le 19/10/2015 à 14H07
L'écrivain italien Erri de Lucca en 2002.

L'écrivain italien Erri de Lucca en 2002.

© Martin Bureau / AFP

L'écrivain italien Erri De Luca a été relaxé lundi par le tribunal de Turin, qui le jugeait pour "incitation au sabotage" du chantier du tunnel Lyon-Turin, a annoncé la présidente du tribunal.

Immacolata Iadeluca a prononcé ce verdict peu après 13h, déclenchant dans la salle d'audiences les vivats et les cris de joie des partisans de l'écrivain italien, prix Femina étranger en 2002 pour son roman "Montedidio". "Le délit n'est pas constitué", a dit la présidente. Les attendus de cette  décision ne seront pas connus avant plusieurs semaines.

Le Parquet de Turin avait pourtant requis huit mois de prison ferme à l'encontre de l'écrivain, âgé de 65 ans, qui de son côté a toujours défendu sa liberté d'expression. "Une injustice a été évitée", a-t-il brièvement commenté peu après. Avant que la cour ne se retire pour délibérer, Erri De Luca avait redit lors d'une déclaration spontanée devant le tribunal, qu'il était convaincu que "la ligne prétendûment à grande vitesse en val de Suse (devait) être freinée, entravée, donc sabotée pour la légitime défense de la santé, du sol, de l'air, de l'eau d'une communauté menacée".

"Je suis inculpé pour avoir employé le verbe saboter. Je le considère noble et démocratique", avait-il estimé, debout, alors qu'une petite centaine de  personnes, certaines avec une écharpe proclamant "io sto con Erri" (je soutiens Erri), s'étaient assises dans la salle. "Je défends l'origine du mot saboter dans son sens le plus efficace et le plus vaste, a ajouté l'écrivain d'une voix assurée. Je suis prêt à subir une condamnation pénale pour son emploi, mais non pas à laisser censurer ou réduire ma langue italienne".

Revoir Erri De Luca dans "La Grande Librairie" (France 5)

Une pétition européenne, lancée par le comité de soutien de l'écrivain, a reçu la signature de plus de 500 personnalités du monde de la culture, issues de 20 pays différents. Début janvier, 47 opposants au chantier avait été condamnés à des peines de prison ferme pour des heurts violents avec la police italienne en juin et juillet 2011, tandis que six autres avaient été acquittés. Un total de 150 années de prison ont été infligées dans cette affaire.