Duras entre dans la Pléiade

Par @Culturebox
Mis à jour le 30/01/2013 à 12H16, publié le 20/10/2011 à 10H42
Marguerite Duras (1914-1996) au début des années cinquante, à son domicile parisien.

Marguerite Duras (1914-1996) au début des années cinquante, à son domicile parisien.

© STF / AFP

15 ans après sa mort, les œuvres complètes de Marguerite Duras sortent dans la Pléiade.

Les deux premiers volumes sortent ce mois-ci et proposent ses œuvres de "Les impudents" publié chez Plon en 1943 à "Dix heures et demie du soir en été" (1960) édité par Gallimard. Deux autres volumes paraîtront en 2014, et proposeront d'avantage d'inédits de la fin de l’œuvre de Marguerite Duras.

Même si ses livres n’ont pas toujours été bien accueillis, Marguerite Duras est aujourd’hui considérée comme l’un des grands auteurs de la fin du XXème siècle. Son œuvre est singulière. Elle se revendique du roman américain, fraye un moment avec le Nouveau Roman. Ce mouvement littéraire, lancé dans les années 50 par des auteurs des Editions de Minuit a rompu avec  les codes narratifs classiques, comme la Nouvelle Vague pour le cinéma. Mais Marguerite Duras, précurseur de l’autofiction ("Un barrage contre le pacifique" ou "L’amant"), a au fil du temps inventé une écriture bien à elle : langage parlé, répété, phrases déstructurées, omniprésence du dialogue, introduction du soliloque.

1984, prix Goncourt pour L'amant. Marguerite Duras parle de l'écriture / INA

Duras fait entrer le cinéma dans la Pléiade

Ecriture à la fois cérébrale et sensuelle au service d’une œuvre novatrice, la langue de Marguerite Duras a aussi produit des textes pour le théâtre, pour le cinéma et la télévision. C’est donc grâce à elle que le cinéma entre pour la première fois dans la Pléiade, avec la publication des scénarios d’"Hiroshima mon amour" et d’"Une si longue absence".

Marguerite Duras
Œuvres complètes, I, II
Bibliothèque de la Pléiade

Édition sous la direction de Gilles Philippe
Prix de lancement : 120 € (ou 58 € chaque tome).

[ EXTRAIT ]

LUI : Tu n'as rien vu à Hiroshima. Rien. ELLE : J'ai tout vu. Tout... Ainsi l'hôpital je l'ai vu. J'en suis sûre. L'hôpital existe à Hiroshima. Comment aurais-je pu éviter de le voir ? LUI : Tu n'as pas vu d'hôpital à Hiroshima. Tu n'a rien vu à Hiroshima... ELLE : Je n'ai rien inventé. LUI : Tu as tout inventé. ELLE : Rien. De même que dans l'amour cette illusion existe, cette illusion de pouvoir ne jamais oublier, de même j'ai eu l'illusion devant Hiroshima que jamais je n'oublierai. De même que dans l'amour.

Hiroshima mon amour, scénario 1959