DSK assigne en diffamation l'auteur et l'éditeur de "La Ballade de Rikers Island"

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/04/2014 à 12H05, publié le 03/04/2014 à 11H53
Dominique Strauss-Kahn et Régis Jauffret

Dominique Strauss-Kahn et Régis Jauffret

© News/NEWSCOM/SIPA - Jacques GRAF/JDD/SIPA

Dominique Strauss-Kahn a assigné le 26 mars en diffamation Régis Jauffret, l'auteur de "La Ballade de Rikers Island" et les éditions du Seuil pour ce roman qui met en scène le dirigeant d'une institution internationale accusé de viol.

"Les difficultés que le plaignant doit surmonter pour refaire sa vie, après les épreuves que l'on sait, ne sauraient justifier une telle procédure", s'insurge Olivier Bétourné, président des Editions du Seuil, dans un communiqué. "Comment ne pas être choqué par le texte de l'assignation en vertu duquel Monsieur Dominique Strauss-Kahn nous cite à comparaître, Régis Jauffret et moi-même, réputés respectivement +complice+ et +auteur principal+ de la prétendue diffamation dont nous nous serions rendus coupables" en publiant le nouveau roman de Régis Jauffret, en janvier, poursuit M. Bétourné.

"La Ballade de Rikers Island" relate l'histoire d'un président d'une institution financière internationale, accusé de viol par une femme de chambre d'origine africaine. Il est incarcéré pendant quelques jours dans une prison du continent américain. Libéré sous caution, les poursuites sont finalement abandonnées. A la suite de ces événements, sa carrière est brisée et son épouse demande le divorce, résume la 4e de couverture du roman.

Le nom de l'ancien patron du FMI n'est jamais mentionné. Le pronom personnel "Il" de "La Ballade de Rikers Island", sous lequel est désigné le personnage principal du livre, "n'est pas Dominique Strauss-Kahn. C'est un personnage de fiction qui est ainsi nommé", insiste M. Bétourné. "La République des lettres a ses lois. La première d'entre elle proclame la liberté de l'écrivain. Mon rôle, en tant qu'éditeur (...) consiste à protéger cette liberté-là, dans le respect des lois de la République", écrit-il.