Doris Lessing a été surveillée dans le passé par les services secrets

Par @Culturebox
Mis à jour le 21/08/2015 à 09H40, publié le 21/08/2015 à 09H17
Doris Lessing à Francfort le 14 octobre 1981

Doris Lessing à Francfort le 14 octobre 1981

© Roland Holschneider / picture alliance / Roland Holsch / Newscom / MaxPPP

La romancière britannique Doris Lessing (1919-2013), prix Nobel de littérature en 2007, fut l'objet de surveillnce de la part des services secrets britanniques à la fin des années 1940 et au début des années 1950, pour ses idées communistes et anticolonialistes, selon des documents déclassifiés vendredi par les Archives nationales.

"Certainement pro-communiste bien qu'il n'est pas certain qu'elle soit membre du parti (communiste britannique). Ses sympathies communistes ont été portées jusqu'au fanatisme par son enfance en Rhodésie", dit d'elle un document du MI6, le service de renseignement extérieur, en 1952.

La romancière, arrivée à Londres en 1949, venait juste de faire un voyage en Russie en compagnie de cinq autres auteurs britanniques, comme le poète écossais Douglas Young. "L'exploitation coloniale est son thème favori (...), disant que tout ce qui est noir est fantastique et que tous les hommes (blancs) et les choses blanches sont malveillantes", continue ce document.

Une admiration pour l'URSS, une douche froide en 1956

D'après son dossier, il apparaît que les agents des services secrets n'ont pas pu déterminer à l'époque si elle était ou non membre du parti communiste britannique. Or elle l'a bel et bien été à partir de 1951 mais l'a quitté en 1956 lors de l'écrasement de la révolte hongroise.

À son retour de Russie, Doris Lessing fait un compte rendu à l'un de ses amis, dont le "thème principal est la supériorité des conditions de vie et de l'éducation dans l'Union soviétique comparé à d'autres pays européens et à l'Afrique", selon un rapport d'un agent des services secrets coloniaux.

Née en Iran le 22 octobre 1919, alors que son père était capitaine dans l'armée britannique, Doris May Taylor, de son nom de jeune fille, a ensuite vécu la première partie de sa vie en Afrique, dans l'ancienne colonie britannique de Rhodésie du Sud (aujourd'hui Zimbabwe), ce qui marquera son oeuvre.

Deux fois mariée et deux fois divorcée, elle estimait que "le mariage était un état qui ne lui convenait pas". Disparue le 17 novembre 2013, la romancière britannique a produit une oeuvre riche de plus d'une cinquantaine de titres qui ont fait d'elle l'icône des marxistes, des anticolonialistes, des opposants à l'apartheid et des féministes.

"Le Carnet d'or", paru en 1962, est son livre le plus connu.