Décès du Sud-Africain André Brink, écrivain contre l'apartheid

Par @Culturebox
Mis à jour le 07/02/2015 à 14H00, publié le 07/02/2015 à 11H02
André Brink en 1988

André Brink en 1988

© Andersen / SIPA

L'écrivain sud-africain André Brink, prix Médicis étranger pour son roman pour l'apartheid "Une saison blanche et sèche" en 1980, est mort samedi à l'âge de 79 ans, a annoncé Livres-Hebdo.

André Brink est décédé alors qu'il rentrait de Belgique, où il s'était rendu pour recevoir un doctorat horonis causa de l'université catholique de Louvain, rapporte le site sud-africain Books Live.

Né dans une famille afrikaner, André Brink avait étudié en Afrique du Sud avant de passer trois ans à la Sorbonne où il avait, au contact d'étudiants africains, pris conscience de la violence et des dégâts de l'apartheid dans son pays. C'est là, entre 1959 et 1961, qu'il écrit son premier roman, "L'Ambassadeur", un huis clos amoureux qui fait scandale dans son pays. "Je suis né sur un banc du jardin du Luxembourg à Paris, au début du printemps 1960", écrira-t-il.
 
Enseignant de littérature en Afrique du Sud, il mène parallèlement une carrière d'écrivain, publiant une vingtaine de romans et essais, entre 1964 et 2014. Il écrit aussi bien en afrikans qu'en anglais. Il fait partie dans les années 1960 de "Die Sestigers", un mouvement littéraire d'expression afrikans qui s'élève contre l'apartheid et combat aussi le puritanisme religieux des afrikaners, voulant également révolutionner l'afrikans, la langue dominante de la minorité blanche.

Ses romans interdits en Afrique du Sud

Le deuxième roman d'André Brink, "Au plus noir de la nuit" (1973), histoire d'amour impossible entre un noir et une blanche, a été interdit pendant des années au pays de l'apartheid.
 
"Une saison blanche et sèche" ("A Dry White Season"), son quatrième roman et son oeuvre la plus connue, fut également interdit et publié à Londres en 1979. Il raconte la prise de conscience de Ben Du Toit, un Afrikaner tranquille, quand le fils du jardinier de l'école où il enseigne disparaît. Il apprend qu'il est mort en détention et décide de mener un combat pour la vérité.
 
 Il lui vaut le Prix Médicis étranger en France.

Le dernier roman d'André Brink, "Philida" (2014), raconte le combat, au début du XIXe siècle, d'une esclave noire qui a quatre enfants d'une union forcée avec le fils de son maître. Quand celui-ci trahit sa promesse de l'affranchir, elle décide de demander justice.

En 2009, Brink avait publié un livre de mémoires intitulé "A Fork in the Road" (traduit par "Mes bifurcations"), dans lequel il tirait un bilan assez sombre des 15 premières années post-apartheid, notant que la liberté chèrement acquise n'avait pas exorcisé tous les démons de son pays.