"Cet instant là" de Douglas Kennedy : coup de chaud dans la guerre froide

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 11/11/2011 à 12H34
Douglas Kennedy sur le plateau de la Grande Librairie (France 5)

Douglas Kennedy sur le plateau de la Grande Librairie (France 5)

© BALTEL/SIPA

Pour son 10e roman, Douglas Kennedy met le cap vers l'Allemagne. D'Ouest en Est, une grande passion amoureuse dans le Berlin du début des années 80, avant la chute du mur.

Douglas Kennedy est un grand voyageur. Outre ses romans, il d'ailleurs publié deux récits de voyages ("Au pays de Dieu" et "Au delà des pyramides"). En 1994, son premier succès, "Cul de sac" (réédité sous le titre "Piège nuptial") nous plongeait au coeur du désert australien. Il n'a ensuite jamais cessé d'explorer de nouveaux territoires, de nouvelles villes, utilisées comme de véritables personnages. Paris, où il vit une partie de l'année, occupe d'ailleurs une place de choix dans son oeuvre. 

Cette fois donc, une habile construction nous transporte du Maine à Berlin, où le jeune écrivain Thomas Nesbitt est parti chercher l'inspiration et faire le point sur son incapacité à s'engager pour de bon dans une relation amoureuse. Et c'est là, à l'ombre du mur et sous le nez de la Stasi, la police politique est-allemande, que le jeune homme va fondre littéralement devant une femme. 

Le scénario est, comme d'habitude, joliment troussé et les personnages parfaitement campés. D'où vient alors cette impression de lenteur et de répétition, inédite chez Douglas Kennedy ? "Cet instant-là" prend son temps, et le perd un peu, parfois. La description de l'amour-fou entre Nesbitt et Petra, la mystérieuse assistante est-allemande, écorchée par la vie, est tellement surlignée que l'on se surprend à passer en mode "lecture rapide" sur certaines pages. 

La lecture de ce Douglas Kennedy de petite cuvée, reste néanmoins fort agréable. Mais on l'a connu - et lu - si inspiré que l'on espère le voir mettre la barre un peu plus haut la prochaine fois. 

Cet instant-là de Douglas Kennedy (Belfond)
493 pages - 22,50 euros