Cesare Battisti, première interview TV pour son nouveau roman

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 06/03/2012 à 11H38
Cesare Battisti, une vie de cavale et de mots

Cesare Battisti, une vie de cavale et de mots

© CHRISTOPHE SIMON / AFP

A l'occasion de la parution de son nouveau roman, "Face au Mur" (Flammarion), l'écrivain et ancien activiste d'extrême-gauche Cesare Battisti a accordé sa première interview télévisée au Soir 3 de France 3. L'occasion de revenir sur le passé de cet homme de 58 ans qui n'a jamais renié son passé.

Si l'on connaît la vie de cavale et de prison de Cesare Battisti, on ignore souvent qu'il mène depuis plusieurs années une carrière de romancier  bien remplie, avec quinze romans à son actif. Parmi eux, un seul est  autobiographique. Intitulé "Ma Cavale" (Grasset - 2006), il raconte comment l'écriture lui a permis de ne pas sombrer durant ces années de cache-cache avec la justice italienne.
Dans une interview accordée à Paris-Match, Cesare Battisti  raconte que c'est au Mexique où il a vécu de 1982 à 1990 qu'il a commencé à écrire. En côtoyant des militants politiques qui défendaient leur cause avec des "messages ludiques", il a découvert que le roman permettait de "dénoncer une situation sociale". Il a appris ajoute t-il "l'ironie, la force des mots". 


Des mots qui dès lors, vont l'aider à tenir le coup. Y compris lors de sa dernière incarcération au Brésil, qui a duré quatre ans (2007-2011). C'est là que l'écriture de "Face au Mur" a débuté. Dans ce roman, le premier entièrement écrit en français, le personnage principal se nomme Auguste. Il est italien et ... prisonnier, au Brésil. Dans sa cellule, il pense à l'histoire passionnelle qu'il a vécu avec la belle Janaïna et qui le hante toujours. Il y a forcément beaucoup de Battisti dans ce livre écrit en prison. Sa rédaction a même commencé au commissariat central de Rio où l'écrivain a passé un an et quatre mois comme il le raconte, toujours à nos confrères de Paris-Match. Dans des cellules exiguës et surpeuplées où les détenus se relayaient pour dormir sur le matelas, les stylos et le papier étaient interdits. C'est grâce à ces compagnons d'infortune que Battisti a pu écrire, griffonnant sur l'envers des actes judiciaires avec les moyens du bord. La première moitié du manuscrit a été rédigée dans ces conditions.  La deuxième s'est faite dans des conditions plus "normales" à partir de son transfert à la prison de Papuda à Brasilia, où Cesare Battisti disposait d'une cellule individuelle et avait le droit d'écrire.

A noter qu'en France, Cesare Battisti a toujours bénéficié d'un important réseau de soutien, notamment dans les milieux des intellectuels. Philippe Solers, Bernard-Henrri Levy mais aussi les auteurs de polars et parmi eux, la romancière Fred Vargas qui a publié un livre sur le sujet, "La vérité sur Cesare Battisti" aux Editions Viviane Hamy (mai 2004).

"Face au Mur" de Cesare Battisti aux Editions Flammarion, 366 p., 19,50 euros.