Cesare Battisti, brièvement arrêté, risque l'expulsion du Brésil

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/03/2015 à 09H49, publié le 13/03/2015 à 09H20
Cesare Battisti, devant son avocat Igor Sant'anna Tamasauskas, quitte les locaux de la police fédérale de São Paulo, le 13 mars 2015

Cesare Battisti, devant son avocat Igor Sant'anna Tamasauskas, quitte les locaux de la police fédérale de São Paulo, le 13 mars 2015

© Reginaldo Castro / AFP

L'écrivain italien et ancien militant d'extrême gauche Cesare Battisti, condamné à la prison à perpétuité par la justice de son pays pour des meurtres commis dans les années 70, a été libéré au Brésil vendredi matin dans l'attente d'une décision sur son expulsion, a annoncé son avocat à l'AFP.

Cesare Battisti avait été arrêté jeudi par la police fédérale à Embu das Artes, une ville de l'État de São Paulo, par la police fédérale, avant d'être ramené à son domicile. "Nous avons obtenu un habeas corpus" de la part d'un tribunal de Brasilia, a précisé Igor Sant'Anna Tamasauskas, l'avocat de Battisti.

"Il est libre comme n'importe quel citoyen, et nous allons présenter un recours devant le tribunal régional fédéral" de Brasilia qui lui a accordé l'habeas corpus (procédure qui énonce la liberté fondamentale de ne pas être emprisonné sans jugement, ndlr), a-t-il précisé.

Une expulsion ordonnée le 3 mars

Le 3 mars, une juge fédérale avait ordonné l'expulsion de l'ancien militant, sentence qui avait remis en question une décision de la Cour suprême. Il s'agit "d'un étranger en situation irrégulière au Brésil et qui, en tant que criminel condamné dans son pays pour meurtre, n'a pas le droit de rester" au Brésil, avait statué la juge Adverci Mendes de Abreu.

La défense de Cesare Battisti avait annoncé son intention de faire appel de cette décision. La juge soulignait que l'ancien militant d'extrême gauche devait être expulsé au Mexique ou en France, pays où il s'est rendu après voir fui l'Italie et avant de se réfugier au Brésil en 2004. Selon elle, cette décision n'est pas contradictoire avec celle de la Cour suprême ni celle de l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva de ne pas expulser Battisti, étant donné "qu'il n'est pas nécessaire de livrer l'étranger à son pays de nationalité".

Condamné par contumace en 1993

Cesare Battisti, 60 ans, est réclamé par l'Italie après avoir été condamné en 1993 par contumace à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres et complicité de meurtres à la fin des années 1970 - les années de "plomb" du terrorisme -, crimes dont il se dit innocent. Il a toujours dit à ses avocats "n'avoir aucune intention de quitter le Brésil", où il a vécu dans la clandestinité de 2004 à 2007, date de son arrestation à Rio de Janeiro.

Lula avait refusé de l'extrader

Il avait commencé à y refaire sa vie, après 30 ans de fuite au Mexique et en France où il est devenu auteur de romans policiers. Incarcéré pendant quatre ans près de Brasilia, Cesare Battisti avait été libéré le 9 juin 2011, quelques heures après le rejet par la Cour suprême d'une demande d'extradition de l'Italie, provoquant la colère de Rome. Les juges ont estimé que l'Italie ne pouvait contester la décision "souveraine" de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva qui, au dernier jour de son mandat le 31 décembre 2010, avait refusé de l'extrader vers l'Italie.

En représailles, l'Italie avait rappelé son ambassadeur à Brasilia. Le 22 juin 2011, le Conseil national de l'immigration lui avait accordé un permis de résidence permanente dans le pays.