Avec Sami Frey et Catherine Deneuve, Paris rend hommage à Patrick Modiano

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Mis à jour le 12/02/2015 à 16H32, publié le 20/01/2015 à 10H41
Patrick Modiano, prix Nobel de littérature, a été honoré par les Parisiens

Patrick Modiano, prix Nobel de littérature, a été honoré par les Parisiens

© Photomontage Culturebox / Archive photo CHINE NOUVELLE/SIPA / PY Grenu

A l'initiative de France Culture et la ville de Paris, un hommage à Patrick Modiano était organisé lundi soir dans un théâtre de la Ville plein à craquer. Au programme, des lectures de textes du Prix Nobel de littérature par Sami Frey et Catherine Deneuve, en présence de l'auteur, très ému.

Sa longue silhouette vient d'apparaître sur la scène, très en retrait derrière les personnalités invitantes, Anne Hidalgo, Olivier Poivre d'Arvor (Directeur de France Culture) et Emmanuel Demarcy-Mota (Directeur du Théâtre de la Ville), mais on ne voit que lui, sa timidité et son aura.
Le millier de spectateurs se lève, longue ovation pour le Nobel et l'homme qui, tout au long de sa carrière, a si bien su mettre des mots sur Paris.

Soirée au "Condé"

Durant cette jolie soirée touchante et réussie, Modiano va faire du Modiano. Des mots qui se bousculent, des phrases qui s'arrêtent en plein vol, rattrapées par d'autres et d'autres encore. Il est ému, le Nobel, surtout quand Sami Frey entreprend la lecture d'extraits de son œuvre, de cette voix traînante à la tessiture unique.

C'est d'abord un long extrait de "Dans le café de la jeunesse perdue", incroyable description du "Condé", de ses clients, Roland, Caisley, Youki, et la tenancière, Madame Chadli. Lorsque Sami Frey s'interrompt, Modiano a du mal à reprendre. "Pendant cette lecture, tout m'est revenu, en pleine figure". Il sera tout aussi troublé à l'écoute des premières pages de son dernier roman "Pour que tu ne perdes pas dans le quartier".

L'œuvre de Patrick Modiano et Paris se confondent. La ville est un personnage à part entière. "En la décrivant, je m'incorpore aux murs, aux façades, comme les romanciers s'efforcent de se fondre dans la vie des autres" raconte l'écrivain.

Une rue Dora Bruder à Paris

Anne Hidalgo l'a annoncé en début de soirée : une rue du 18e arrondissement portera bientôt le nom de Dora Bruder, cette adolescente juive, morte en déportation, et dont Modiano a tenté de reconstituer la vie dans un roman éponyme. Plus tard, Catherine Deneuve en lira d'ailleurs un long extrait, d'un débit rapide, tendu. La grande comédienne est, elle aussi, gagnée par l'émotion qui flotte sur cette soirée parisienne.

Quand tout est fini, Modiano remercie de quelques mots, marque un silence, hésite encore et finit par adresser un petit signe amical au public avant de s'éclipser. Modiano par Modiano.

Une soirée à revivre sur France Culture : "Paris-Modiano, aller Simple" le dimanche 22 février à 21h