"Article 353 du code pénal" de Tanguy Viel, grand prix RTL/Lire

Par @Culturebox
Publié le 20/03/2017 à 11H41
Tanguy Viel auteur du roman "Article 353 du code pénal"

Tanguy Viel auteur du roman "Article 353 du code pénal"

© JOEL SAGET / AFP

Le romancier Tanguy Viel a reçu lundi le Grand prix RTL/Lire pour "Article 353 du code pénal" (Minuit). Ce roman politique et social pose la question de la légitimité de la violence face à la cupidité destructrice.

Jeter un homme à la mer pour le noyer ! Martial Kermeur, ancien ouvrier spécialisé, licencié de l'arsenal de Brest, a commis un crime et ne le nie pas. Dans "Article 353 du code pénal", Tanguy Viel place le lecteur dans la position d'un juge d'instruction et l'invite a écouter la déposition de Martial Kermeur.
   
Le roman, sorti en janvier 2017, est le 7e écrit par le romancier d'origine brestoise. Comme ses précédents ouvrages, "Article 353 du code pénal" est rédigé dans un style clair et incisif. Le récit est raconté à la première personne. Il faut entendre la voix de Martial Kermeur, homme désenchanté, "socialiste de 1981", dit-il, naïf et malheureux qui vit seul avec Erwan, son fils, depuis son divorce. C'est la révolte puérile d'Erwan (déjà croisé dans "Paris-Brest", un autre roman de Tanguy Viel), indigné par l'arnaque dont a été victime son père, affreusement résigné, qui poussera Martial Kermeur à commettre un meurtre en jetant à l'eau Antoine Lazenec. Martial Kermeur a investi sa prime de licenciement, toute sa fortune, dans le projet immobilier de Lazenec. 
Couverture "Article 353 du code pénal", Tanguy Viel (Editions de Minuit)

Avez-vous une intime conviction?

L'histoire de Martial Kermeur, c'est l'histoire de ces ouvriers sacrifiés au nom de la compétitivité et de l'argent-roi. Une classe ouvrière trahie et accablée, ayant perdu le sens de la révolte. Cela peut-il constituer une circonstance atténuante pour un crime ? Tanguy Viel place ses lecteurs dans la position du juge ou d'un juré dans un procès d'assises. 

Le titre du livre se réfère à l'article du code pénal qui précise que face à un crime, les juges et les jurés doivent uniquement "s'interroger eux-mêmes dans le silence et le recueillement et chercher, dans la sincérité de leur conscience, la réponse à cette seule question : avez-vous une intime conviction?". 

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