Antoine de Meaux : "Le Fleuve Guillotine", une révolution contre la Révolution

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/10/2015 à 09H39, publié le 01/10/2015 à 17H37
Antoine de Meaux, sur la place Bellecour de Lyon raconte comment la capitale des Gaules s'est enflammée en 1793 dans "Le Fleuve Guillotine"

Antoine de Meaux, sur la place Bellecour de Lyon raconte comment la capitale des Gaules s'est enflammée en 1793 dans "Le Fleuve Guillotine"

© France 3 / Culturebox

Antoine de Meaux signe un premier roman historique qui plonge le lecteur dans les entrailles de la Révolution française. "Le Fleuve Guillotine" fait revivre une part méconnue de cette période, le soulèvement de Lyon contre la Convention nationale de Paris. Un corps à corps sanglant au coeur de la capitale des Gaules qui faillit se transformer en guerre civile.

C'est une part méconnue de l'Histoire de France que raconte Antoine de Meaux dans ce premier roman, le soulèvement de Lyon contre la Convention nationale. Une révolte qui a opposé les rolandins (girondins lyonnais) aux chaliers (montagnards lyonnais) entre juin et novembre 1793.

Le point de départ se situe à Paris, le 10 août 1792 lors de la prise du Palais des Tuileries. Les jacobins s’apprêtent à porter le coup de grâce mais les Lyonnais se révoltent contre la terreur. Ville bourgeoise et laborieuse, dotée d`une tradition industrielle et ouvrière, Lyon subit à cette époque une grave crise économique. Farouchement républicaine, la ville ne se laisse pas intimider par l`accusation de contre-révolution.

Un siège de deux mois que l'auteur restitue par le prisme d'une famille prise dans la tourmente sanglante. "Il y avait ceux qui voulaient résister pour leur foi et leur liberté, d'autres qui considéraient que l'Histoire se crée uniquement dans la violence." explique l'auteur. 

Rencontre avec Antoine de Meaux sur les hauteurs de Fourvière, place Bellecour et dans les catacombes d'une chapelle.
Reportage : M. Figureau / O. Denoyelle / C. Thomas

Les stigmates de la Révolution Lyonnaise

La ville porte en elle les traces de cette révolte sanglante. La Chapelle expiatoire des Brotteaux (Lyon 6e) est à elle seule un véritable sanctuaire de cette tragédie. Sur les murs, une liste exhaustive répértorie les noms de victimes. Parmi elles, un certain Camile de Meaux ancêtre de l'auteur. En descendant dans la crypte, l'ossuaire est glaçant. Ici reposent, les restes des 2000 victimes de la répression. "J'ai l'impression de revoir un peu les personnages de mon roman et ça me touche. C'est très important que la littérature serve à relier les vivants et les morts"
L'ossuaire de la Chapelle expiatoire des Boteaux recense les restes de 2000 victimes

L'ossuaire de la Chapelle expiatoire des Boteaux recense les restes de 2000 victimes

© France 3 / Culturebox

De la réalité à la fiction

Pour raconter cette réalité historique, Antoine de Meaux s'est appuyé sur les mémoires, biographies et études historiques publiés ou réédités sur cette période. Ses personnages, s'ils sont fictifs, sont bien représentatifs des nombreux destins brisés  par cette époque troublée. "Dans le roman on peut rendre tout un tas de choses qu'on ne peut rendre dans le livre d'Histoire ou dans le documentaire. C'est la sensulaité de la végétation, la beauté des paysages, l'émotion que l'on peut ressentire fac au mystère d'une ville comme Lyon"
"Le Fleuve Guillotine"

"Le Fleuve Guillotine"

© France 3 / Culturebox

Note de l'éditeur : 10 août 1792. Aux Tuileries, une poignée de fidèles se rassemble autour du roi et de sa famille. Les jacobins s’apprêtent à porter le coup de grâce. La France est en révolution, autant dire en plein chaos. Pour Louis du Torbeil et son jeune beau-frère Jean de Pierrebelle, c’est une journée de larmes et de sang.

Mais à Lyon, cité industrieuse, la colère monte contre Paris. Venu du pays entier, tout un peuple se rebelle. Bientôt, les armées révolutionnaires font le siège de la ville.
Antoine de Meaux nous offre un premier roman flamboyant : la peinture d’un monde qui bascule. Les corps à corps de la guerre civile se mêlent aux amours naissantes. La sauvagerie des forêts offre son décor aux tristes jeux des marionnettes humaines. Le long du  "Fleuve guillotine", nul ne sera épargné.
Couverture Le Fleuve Guillotine © Phébus

"Le Fleuve guillotine" par Antoine de Meaux aux éditions Phébus 464 p., 23.00 €

Antoine de Meaux sera en signature à la librairie l'Esprit Livre jeudi 14 octobre 2015 à 19h00
76 Rue du Dauphiné - 69003 Lyon