Amélie Nothomb à la rencontre des Bretons pour "Tuer le père"

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 01/03/2012 à 10H38
Amélie Nothomb

Amélie Nothomb

© MAXPPP/DONATELLA GIAGNORI/EIDON

Il y a tout juste vingt ans, Amélie Nothomb publiait son premier livre "Hygiène de l'assassin". Depuis, elle en publie un par an, et ils ont presque tous rencontré un grand succès en librairie. Pour son vingtième roman, l'extravagante écrivaine a décidé de "Tuer le père". Un roman qui mêle magie et trahison, sorti en août 2011. Depuis, Amélie Nothomb a bien sûr repris son travail d'écriture mais elle profite également de son temps libre pour rencontrer ses nombreux lecteurs.

 

 

« Allez savoir ce qui se passe dans la tête d’un joueur. » C'est la seule phrase qui figure sur la quatrième de couverture de "Tuer le père". Et que se passe-t-il dans la tête d'Amélie Nothomb, écrivain prolixe qui aime faire voyager son lecteur dans les profondeurs de l'âme humaine ? Après le Japon et de nombreux pays européens, la plus française des artistes belges nous emmène dans le désert du Nevada. On y fait la connaissance de Joe, un adolescent mal dans sa peau qui se fait mettre à la porte de chez lui par une mère instable. Son enfance solitaire lui a permis de développer un don pour la magie. Dans un bar où il fait des tours pour survivre, il est repéré par le plus grand magicien de la planète, qui lui offre un toit et lui apprend tout ce qu'il sait. 

Mais voilà, il faut bien "tuer le père" pour avancer dans la vie, selon la formule de Freud, et c'est ce que va vouloir faire le jeune Joe. Séduire la femme de son maître et le dépasser dans son art seront désormais ses seules motivations. 

Comme souvent chez Amélie Nothomb, le personnage principal est en quête d'absolu. Ses sentiments ne supportent pas la médiocrité et il ne sait pas faire de compromis. Il justifie tous ses actes, même les plus immoraux, par un raisonnement d'une logique implacable. Avec  "Tuer le père", elle nous plonge dans le monde parfois très dur de l'adolescence. Elle n'a jamais caché avoir elle même très mal vécu cette période. Souffrant d'anorexie, elle ne voyait que la noirceur du monde et a expliqué que ses parents n'ont jamais perçu son état de détresse. C'est la même chose pour son héros Joe. Alors que le couple qui l'héberge pense qu'il est un adolescent un peu mal dans sa peau à cause de son enfance difficile, lui a déjà analysé de manière froide le monde des adultes et a décidé de ne pas tomber dans certains de ses travers. 

Amélie Nothomb sait toujours inventer des histoires qui donnent envie de les lire jusqu'au bout. Avec" Tuer le père", le contrat est une nouvelle fois rempli.