Thomas Reverdy prix des libraires pour "Il était une ville"

Par @Culturebox
Publié le 27/05/2016 à 11H11
Le romancier Thomas Reverdy, prix des libraires 2016 avec "Il était une ville"

Le romancier Thomas Reverdy, prix des libraires 2016 avec "Il était une ville"

Le romancier Thomas Reverdy a été récompensé par le prix des libraires pour son livre "Il était une ville", un roman éblouissant sur Detroit, ancienne capitale de l'automobile devenue le cauchemar du rêve américain.

Publié l'an dernier chez Flammarion et salué quasi unanimement par la  critique, "Il était une ville" a figuré dans de nombreuses sélections dont le  Goncourt sans réussir à obtenir le moindre prix.
 
"Etre choisi par les libraires me rend fou de joie. Ce sont eux qui portent  les livres, qui les défendent", s'est félicité jeudi Thomas Reverdy, 42 ans, interrogé par l'AFP. "C'est un bonheur que cela arrive maintenant", a-t-il  ajouté.
 
Roman d'un ville déchue, "Il était une ville" est aussi une charge  cinglante contre le capitalisme financier qui broie les êtres humains impitoyablement. Nous suivons un ingénieur français, Eugène, envoyé dans le  Michigan par "L'Entreprise" pour superviser un bureau d'études chargé de relancer la production automobile. Nous sommes en septembre 2008 au moment de la crise des subprimes. Eugène découvre une ville en ruines où ceux qui restent sont confrontés à la misère et au crime. Les chiens errants redevenus sauvages ont envahi la ville. Des enfants disparaissent.

La disparition, un thème récurrent chez Thomas Reverdy

Le thème de la disparition est récurrent dans l'oeuvre de Thomas Reverdy  qui avait obtenu en 2014 le prix Joseph Kessel pour "Les évaporés"  (Flammarion), un roman envoûtant situé au Japon qui nous faisait découvrir des  "disparus volontaires", ces gens qui s'évanouissent dans la nature pour échapper à une dette ou un déshonneur public.
 
Décerné par un réseau de 3.000 libraires, le prix des libraires a été créé  en 1955. Plusieurs de ses lauréats (Laurent Gaudé, Didier Decoin, Patrick  Modiano et Georges Conchon) ont ensuite obtenu le prix Goncourt, voire, pour  Modiano, le Nobel de littérature.